Catalogue 2026

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  • 026 Hector BERLIOZ (1803-1869) compositeur. 

  • 026 Hector BERLIOZ (1803-1869) compositeur.  Image
  • L.A.S. « H. Berlioz », Paris 28 septembre 1826, à sa sœur Nanci Berlioz à La Côte Saint-André ; 3 pages in-4, adresse (petite déchirure par bris de cachet).

    Très belle lettre familiale où il s’explique sur sa situation financière, sociale et familiale, à Paris, au tout début de sa carrière. Il ne comprend pas le ton injustement sévère de la dernière lettre de Nanci, d’autant plus qu’Alphonse a reçu de leur père une réponse « pleine d’expression de tendresse et de bonté. Il n’y a pas l’ombre de cet accent d’indignation qui régnoit dans la tienne, et qui étoit absolument sans sujet ». Elle lui « fait un crime » du fait qu’il ne vienne pas en vacances, alors qu’il lui a maintes fois expliqué les raisons qui l’en empêchaient : « Ces raisons à la vérité ne sont rien pour toi, elles ne se rapportent qu’à des considérations qui devroient être selon toi, les dernières auxquelles je devrais avoir égard. Selon moi, au contraire, elles sont du plus grand poids ; tu regardes ce qui m’intéresse si fort, comme rien, moi je le regarde comme quelque chose ». Leurs opinions là-dessus s’opposent donc diamétralement, et il ne cherchera pas à la faire changer d’avis, refusant d’entrer dans d’interminables discussions et de « recommencer une polémique qui dure depuis quatre ou cinq ans » (certainement sur son choix de se consacrer à sa vocation musicale)… « Tu me dis que papa est bien décidé à ne plus rien m’envoyer », alors qu’il lui a écrit le contraire il y a quelques mois, lui proposant 600 F par an et de lui payer son voyage de retour s’il souhaitait revenir. « Aurait-il pu changer d’avis en ne me voyant pas revenir ? … non ; car alors c’eut été me dire “Si tu veux continuer à Paris l’année prochaine la carrière que tu as commencée, il faut que tu consentes à exposer sinon a perdre le fruit du travail de l’année passée.” C’eut été en agir avec moi comme avec un enfant, qui bâtit un château de cartes qu’on renverse pour le lui faire reconstruire ». Or dans sa lettre à Alphonse, il n’en est rien, et il dit qu’il lui donnera comme promis 50 F par mois. Nanci va même plus loin en disant que son père refusera de régler les dépenses du voyage, s’il consent à s’en aller, et qu’il craint qu’Hector ne fasse des dettes, qu’il refusera de payer ; où va-t-elle chercher de telles inconséquences ? Cela est totalement illogique : « quelque vertige t’avoit troublé l’esprit »… Quant aux dettes, « je n’en ai fait absolument aucune, pas la moindre. Je me suis tiré d’affaire comme je l’avais dit dans ma dernière lettre ; depuis que maman a eu la bonté de m’envoyer 100 francs, je me suis un peu meublé en batterie de cuisine, ce qui ne coûte pas cher à Paris, et je vis chez moi pour moins de 20 F par jour presque aussi bien qu’au restaurant ». Il n’a aucun doute sur les bonnes intentions de son père, qu’il prie de verser sa pension à terme fixe, « comme la plupart des jeunes gens que je connais », le 1er de chaque mois par exemple. Qu’elle ne s’inquiète pas : « je suis parfaitement sûr d’un certain nombre d’élèves d’harmonie à la rentrée, et mon pécule en sera sensiblement augmenté ». Il la quitte en lui demandant de ne pas lui en vouloir de lui parler si franchement : « je ne t’en aime pas moins et suis toujours en t’embrassant ton frère et ton ami ».

    Correspondance générale, t. I, n° 66.

     

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