Catalogue 2026

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  • 022 Pierre BENOIT (1886-1962) écrivain. 

  • 022 Pierre BENOIT (1886-1962) écrivain.  Image
  • Manuscrit autographe signé, Le Désert de Gobi, décembre 1940 ; environ 390 pages in-fol. (pour le manuscrit), et 120 pages in-8 ou in-4 (notes et plans) ; en feuilles.

    Manuscrit de travail complet de ce roman paru chez Albin Michel en 1941, signé en dernière page et daté « 29 décembre 1940 ». Le manuscrit présente de nombreuses ratures, corrections et additions, avec, sur des feuilles de plus petit format, des notes insérées pour l’organisation de chaque chapitre, des remaniements, des indications complémentaires, etc. ; ainsi qu’un dossier de plans.

      Le roman débute à Fouzan, à l’extrémité de la Corée du Sud où ont échoué le faux comte Michel Rodianko, ex-lieutenant renvoyé de l’armée impériale russe, et son amante la belle Alzire (une héroïne en A, comme toujours chez Benoit). Sur le port, Rodianko rencontre un aventurier australien chasseur de tigres, Sanders, qui lui propose de rejoindre son expédition en tant que partenaire. Désœuvré, au ban de la société et sans ressources, il accepte. Tous deux vont parcourir le Désert de Gobi afin d’y capturer vivant un très rare spécimen de tigre blanc de Sibérie, le felis alba, le tigre blanc, pour le vendre ensuite à un zoo à un prix élevé. Le livre raconte la longue expédition, la remontée du Fleuve Jaune, l’avancée en Chine continentale, avant de s’enfoncer dans des contrées froides et inhospitalières du côté du Gobi et de la Mongolie. Puis la traque du fauve et sa capture, lors de laquelle Sanders trouve la mort... En parallèle de cette chasse aux animaux, Benoit narre une chasse entre humains : qui est proie, prédateur, prédatrice ? Alzire, qui, tandis que le Rodianko part pour l’Asie centrale, part à Macao ? Sanders ou Rodianko, qu’une rivalité sous-jacente déchire, jusqu’au décès, trouble, de l’Australien, lors de la capture du tigre ?...

      Benoit a organisé son manuscrit en 5 grandes parties de 4 chapitres chacune (et chacune sous chemise manuscrite), d’une taille quasiment équivalente et qui structurent dramatiquement le roman ; mais il a supprimé ces divisions dans l’édition pour laisser s’enchainer plus naturellement les vingt chapitres. En tête du manuscrit, un très intéressant dossier de « Plans et documents » contient 10 feuillets, véritables outils de travail de l’auteur : une Chronologie, qui établit la « date conventionnelle du début de l’histoire : lundi 4 mars 1926 », jusqu’à la « Mort de Sanders 28 mai 1926 », qui revient aussi sur le passé du personnage principal Michel Rodianko, sa rencontre avec sa maîtresse Alzire (1921), son évasion et la mise en liberté de celle-ci (les deux en 1924), leur arrivée à Fousan en Corée (avril 1925). Cette Chronologie établit aussi grandes dates de l’histoire : le dîner entre Alzire et Sanders, le départ des deux bateaux, etc., jusqu’à la mort de Sanders. Pierre Benoit a également dressé une liste de Vocabulaire, dans laquelle il a recensé les termes, noms et prénoms, noms de lieux, de vocabulaire étranger (chinois, mongol, russe, coréen, etc.) ou spécialisé (termes géographiques, scientifiques, etc.). Benoit était très rigoureux dans son écriture : dans son Plan, divisé en 5 parties et qu’il n’a presque pas rempli, il indique : « 20 chapitres de 67 pages ». Une courte note nous renseigne sur la direction profonde de l’ouvrage, et le cheminement du personnage de Michel : « a. Comment il devient sauvage. b. Comment il cesse de l’être pour croire redevenir mondain ». Enfin une note de 2 pages résume l’intrigue amoureuse du roman entre Michel et Alzire.

     

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