Catalogue Automne 2017

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300 produits«1 sur 30»
001. Émile Chartier dit ALAIN (1868-1951) philosophe
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001. Émile Chartier dit ALAIN (1868-1951) philosophe Image

MANUSCRIT autographe signé, Propos d’un Normand, [1911] ; 2 pages in-8. Sur la JUSTICE (texte publié dans La Dépêche de Rouen du 15 décembre 1911). « Je parlais ces jours-ci de ces délits d’audience commis par des détenus ». Insultes et menaces n’ont de portée que lorsqu’elles viennent d’un homme libre, et de nos jours, « la simplicité nue de la loi » convient à l’idée d’égalité si chère aux foules. « Car ce prévenu qui injuriait le colonel président du Conseil de Guerre avait sans doute quelque idée confuse, mais longtemps mûrie contre l’inégalité et contre le respect ; il y avait du sacrilège dans l’idée de son action, et par conséquent un certain courage révolutionnaire dans l’idée de son action »… Mais si lui-même était juge et insulté ou frappé par un prévenu, il blâmerait d’abord les gardes, puis rappellerait le prévenu que ses injures n’ont pas de sens dans son état actuel, « que les effets du contrat de société sont provisoirement suspendus […] Que c’est la force qui règne maintenant, et que la force ne veut point être respectée, et n’a nul besoin d’être respectée. Que le juge enfin n’est point du tout un homme libre en face d’un homme libre, mais une puissance qu’on ne peut ni toucher ni ébranler ; et que, comme il ne peut écouter la pitié, il ne peut point non plus écouter la colère »…

002. Alphonse ALLAIS (1855-1905) écrivain humoriste
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002. Alphonse ALLAIS (1855-1905) écrivain humoriste Image

L.A.S., [Honfleur octobre 1899], à son ami Gaston Méry ; 3 pages in-8. Superbe lettre sur la publicité. Désirant faire une « rapide incursion à Paris avant ma rentrée définitive » pour régler leurs projets, il lui demande un permis Hâvre-Paris aller-retour. « C’est une très bonne idée de consacrer la dernière page du journal à de la publicité humoristique. Le tout sera de trouver des façons amusantes de traiter le sujet, pour séduire les commerçants. Par exemple pour le ripolin qui fait, en ce moment, beaucoup de réclames et d’affiches, voici ce qu’on pourrait leur proposer : Le chanteur POLIN éclatant de son bon rire si connu. Il est en pantalon blanc et tient à la main son classique mouchoir à carreaux. Deux gosses tenant à la main un pot de ripolin lui peignent l’un en rouge, sa culotte, l’autre en bleu son mouchoir à carreaux. Légende : On va te peindre au ripolin. / Oh, ris, Polin ! Faites exécuter par un de vos artistes l’esquisse de ce sujet, portez le chez les gens, et je vous parie qu’on le prend avec enthousiasme (si cette affaire se fait, n’oubliez pas ma bedide gomizion) »… Il pense avoir quelques bonnes idées pour ce « business », mais pour cela il faudrait se voir… Il va lui envoyer sa dernière chronique : « Pour différentes raisons, il me plait d’être qualifié “rédacteur en chef” sans en posséder les pouvoirs […]. D’ailleurs mon nom sur la manchette vous attirera certainement beaucoup d’amateurs », parmi lesquels quelques-uns intéressants. Ainsi il veut écrire à « FRANC NOHAIN qui, en dehors de ses poëmes amorphes, écrit des proses très amusantes »…

003. André ANTOINE (1858-1943) acteur et metteur en scène, fondateur du Théâtre Libre 
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003. André ANTOINE (1858-1943) acteur et metteur en scène, fondateur du Théâtre Libre  Image

L.A.S., Mercredi [15 avril 1896, à M. Boniface] ; 1 page in-8. « On me dit, en débarquant, qu’un monsieur Boniface est venu demander si nous jouerions La Tante Léontine [de Maurice Boniface et Édouard Bodin]. Je suppose que vous êtes un parent de l’auteur, mon ami, et je suis heureux de vous faire connaître que nous repasserons à une prochaine date pour donner la pièce. Mais j’espère avoir le plaisir de vous compter parmi nos spectateurs de ce soir. Blanchette est une des œuvres les plus curieuses de notre répertoire et l’auteur Brieux est un des amis particuliers de Boniface »…

004. Marcel ARLAND (1899-1986) écrivain
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004. Marcel ARLAND (1899-1986) écrivain Image

10 L.A.S., 1946-1948, à Joë BOUSQUET ; 20 pages in-8 (2 lettres avec trous de classeur). Belle correspondance littéraire. 1946. 28 septembre. Son Meneur de lune l’a ému. « Voilà longtemps que je veux vous écrire, vous dire combien j’apprécie votre œuvre, combien je suis sensible à votre voix »… 1947. Brassac vendredi 5 [septembre]. « La plus belle journée de l’été aura été celle que j’ai passée à Carcassonne. Je ne vous apprends rien, n’est-ce pas, en vous disant que la sympathie que j’avais pour vous est devenue une affectueuse amitié. Je pense à vous désormais comme à l’un de mes très proches. C’est beaucoup déjà qu’une journée nous fasse connaître un homme ; mais celle-là m’a aussi aidé à mieux comprendre votre œuvre »… Il a eu grand plaisir aussi de son envoi du dessin de PICASSO, « plein d’esprit », et du poème d’ELUARD… 3 et 13 octobre. Il parle des difficultés à organiser les Cahiers de la Pléiade, de l’éventuelle réédition des deux petits romans de Mme de DURAS recommandés par Bousquet, et de Fragoletta de LATOUCHE, dont il a retrouvé le thème dans un manuscrit qu’il vient de lire pour la N.R.F. Il parle aussi de la collection qu’il dirige chez Stock, « À la promenade »… 10 novembre. Il a lu Mme de Duras : « Ourika est plaisant ; mais Édouard est très curieux, très remarquable, et je vous remercie de me l’avoir fait connaître ». Il tâche de le placer dans sa collection « À la promenade », à côté d’autres textes peu connus de Montesquieu, Mlle Aïssé, Marmontel, Tristan, Schiller, Restif, etc. Il a relu PROUST : « Curieuse impression de monde gratuit, presque chimérique, mais enfin créé par l’angoisse, l’humiliation et la cruauté. La psychologie m’en semble surfaite, mais non la valeur poétique »… 24 décembre. Il invite Bousquet à préfacer Mme de Duras, et donne des nouvelles de PAULHAN. Lui-même prépare un Marivaux pour la Pléiade et écrit « une assez longue nouvelle, qui s’appelle Sidobre (du nom du plateau où nous passions nos vacances) »… 1948. 2 janvier. Il déplore que le projet d’Édouard soit tombé à l’eau, et évoque d’autres possibilités de préface pour Stock… 10 janvier. Il propose d’ajouter à l’édition d’Édouard, préfacé par M. Giraud, le texte que Bousquet avait prévu pour les Belles Lectures. Il énumère les autres volumes en préparation ou projetés… 14 mars. Le travail de cet hiver l’a beaucoup fatigué : son édition de Marivaux, un livre sur la peinture, des préfaces de Racine et Mauriac, etc. « Et j’écris lentement, et si excitante que soit une étude critique, je ne trouve de bonheur et de repos que dans une œuvre intime »… Il commente avec admiration La Cousine Zénon, « plus libre que vos textes de l’été dernier, et plus nourri » ; sa « mémoire créatrice » est pleine de séduction et d’enseignement… Il dit aussi son émotion devant les Songes partagés de Paulhan, puis parle de projets pour sa collection : Cyrano, Nodier, contes de la province… 3 mai. Il loue l’étude de Bousquet sur Mme de Duras et Stendhal, puis le remercie des pages dans les Cahiers du Sud, qui lui font comprendre ce qui s’est passé en lui, et dont il avait à peine conscience. « J’étais très conscient de la composition formelle du livre, mais non pas de ce qu’elle supposait, et qui est dû à une évolution naturelle, organique »… 27 mai. « Ce que vous me dites de votre “Paulhan” m’en fait beaucoup attendre. Je doute que Vico ait eu de l’influence sur lui (je me demande même s’il en a eu sur Montesquieu) »…

005. Jacques AUDIBERTI (1899-1965) écrivain
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005. Jacques AUDIBERTI (1899-1965) écrivain Image

L.A.S., [fin octobre 1941, à André ROUSSEAUX] ; 2 pages in-4. Belle lettre au critique du Figaro, après sa chronique consacrée aux Fleurs de Tarbes de Jean PAULHAN, et à Tonnes de semence d’Audiberti (25 octobre 1941). L’article est remarquable par les « puissantes perspectives » consacrées à sa poésie. « Dans cette grande errance où nous sommes, il est tout de même encourageant qu’entre certains se noue un rapport attentif sur le plan de la vie profonde et humainement utile. En effet, en effet, en redonnant ce fameux “sens plus pur” aux mots de la tribu, le poète les renouvelle et, dans l’usage commun, il les dépayse. Le poète est celui qui trouve, dans le tremblement et la solennité, ce que tout le monde avait trouvé – croyait avoir trouvé. Dans la mesure où cette espèce d’ébahissement devant le langage peut se transposer à l’étape civique, social, ne pouvons-nous en retenir qu’il convient aux hommes de redécouvrir leur nature et leur mystère ? de plonger avec le plus dramatique intérêt dans les eaux de l’imagination par excellence, celle d’exister ? Le temps n’est pas seulement linéaire. L’histoire, ou ce qu’on appelle ainsi, c’est la norme humaine, en masse, en bloc (les amours, les guerres). La fonction des poètes ne vaut pas seulement pour le moment historique où ils opèrent dans un dialecte donné, sous un monarque défini. Elle s’exerce pour tous les temps humains. Oui, nous retentissons sur les âges grecs. Nous sommes, positivement, ce sel rétroactif, ce citron ubiquitaire. Nous sommes pris dans une communion vaste, pâte des morts et des vivants ensemble, et notre lampe brille dans la nuit de tous les siècles qui ne font qu’un instant, qui ne font qu’un éclair, celui d’un cri de peur, d’un mot d’amour »…

006. Jacques BAINVILLE (1879-1956) écrivain et historien
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006. Jacques BAINVILLE (1879-1956) écrivain et historien Image

MANUSCRIT autographe signé, Les jamais contents, [décembre 1929] ; 7 pages in-8 avec qqs ratures et corrections. Sur l’évacuation anticipée des territoires occupés en Rhénanie [le 30 novembre 1929, avait eu lieu l’évacuation de Coblence, rendue à la souveraineté du Reich, avec un mois et demi d’avance sur la date prévue par le traité de Versailles]. « La deuxième zone de la rive gauche du Rhin, celle de Coblence, a été évacuée sans tambours ni trompettes. Nous nous en allons. Il ne reste plus que Mayence à libérer ». Les Allemands seront-ils pour autant reconnaissants ? Malgré des affinités de mœurs et de confession avec les populations rhénanes, les habitants ont fêté le départ des Français en manifestant devant la statue monumentale de Guillaume Ier, roi de Prusse et empereur allemand, celui qui enleva l’Alsace-Lorraine à la France. « Ainsi, dès que les meilleurs des Allemands (ou les moins mauvais, comme on voudra), voient que nous avons le dos tourné, ils se mettent à penser au Vainqueur de Sedan et ils vont danser une ronde joyeuse autour de sa statue »… En outre, au lieu de parler raisonnablement de cette évacuation anticipée, et de montrer une attitude pacifique, « non seulement la presse allemande dit que la présence de soldats alliés dans la troisième zone est scandaleuse et injurieuse mais que, pour libérer complètement la Rhénanie, il faut qu’elle retrouve les cantons d’Eupen et de Malmédy restitués à la Belgique par le traité de Versailles. En d’autres termes, la révision du traité et des frontières reste l’idée fixe des Allemands. Faites-leur une concession, ils en exigeront toujours une autre »… Or « le jour où il faudra […] devant l’énormité de leurs exigences, répondre non, ce jour-là l’Allemagne, redevenue forte, relèvera le gant ».

007. Maurice BAQUET (1911-2005) violoncelliste et acteur
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007. Maurice BAQUET (1911-2005) violoncelliste et acteur Image

MANUSCRIT autographe signé avec dessin, Voyage surprise, [1947] ; 3 pages et demie in-4. Amusant article à propos du film de Pierre Prévert, au titre qui sent les vacances « et ça en a été pour nous ». Baquet raconte les tribulations du tournage entre Saint Flour, les gorges du Tarn et Palavas-les-Flots, et quelques incidents…. « Si vous voyez Voyage Surprise vous nous retrouverez tous, bien vivants, de bonne humeur et vous vivrez, avec nous, de bons moments »… Sur le dernier feuillet, amusant dessin de la voiture du tournage.

008. Jules BARBEY D’AUREVILLY (1808-1889) écrivain
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008. Jules BARBEY D’AUREVILLY (1808-1889) écrivain Image

L.A.S. « Jules B. d’Aur », à un ami rédacteur de journal ; demi-page in-8 à l’encre rouge. « Voilà 2 feuillets ! Je ne suis pas loin, mais je suis parti et maintenant j’irai vite ! Je suis sûr de moi, mon ami. Ce soir à VI heures – je serai prêt ! Envoyez et dites-moi si vous êtes content »…

009. Jean-Denis BARBIÉ DU BOCAGE (1760-1825) géographe, cartographe et érudit
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009. Jean-Denis BARBIÉ DU BOCAGE (1760-1825) géographe, cartographe et érudit Image

L.A.S., Paris 12 août 1813, à M. TOCHON, négociant et homme de lettres ; 2 pages in-4, adresse. Il commande divers ouvrages de voyageurs, dont certains pour la Bibliothèque de l’Institut. Il lui demande 2 exemplaires des « Voyages dans différents pays d’Europe, d’Asie et d’Afrique » de E. D. Clarke ; un Voyage de Krusenstern traduit en anglais, le Voyage de Buchanan en Inde, un ouvrage sur la Perse, etc… Il donne des nouvelles de M. Cousinéry à Constantinople [Esprit-Marie Cousinéry, diplomate, archéologue et numismate], qui ne peut regagner Smyrne « parceque la peste y chauffe » : « Il me marque qu’il a un acheus de Syrie en or et qu’il prépare une dissertation sur cette médaille ». Il viendra l’an prochain à Paris « et nous verrons ses nouvelles richesses »… Etc.

010. Maurice BARRÈS (1862-1923) écrivain
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010. Maurice BARRÈS (1862-1923) écrivain Image

MANUSCRIT autographe, Monnaie, [1922] ; 9 pages in-4, au dos de papier à en-tête de la Chambre des Députés. Notes pour un discours sur la monnaie et l’Allemagne. « De janvier jusqu’à mars, CUNO a su maintenir à peu près la valeur du mark malgré les prodigalités de la Ruhr. C’était une politique pour trois mois. Nous avons tenu le coup. Sa politique s’est effondrée et le mark a connu cette dégringolade formidable qui allaiter porter le franc de 500 marks à mille milliards de marks »… Alors tout le monde a voulu imprimer de la monnaie : tel industriel par exemple a imprimé des simili-marks pour ses ouvriers, avant qu’un sommet à Coblence ne prononce l’interdiction d’émettre aucune monnaie non autorisée. Cependant la chute du mark continuait, avec des conséquences graves pour les populations. Barrès parle de la situation particulière de la régie ferroviaire, autorisée à émettre de la monnaie, et des efforts pour grouper les grands financiers du pays rhénan. Il évoque la campagne d’injures dont HAGEN, président de la Chambre de Commerce de Cologne, a été l’objet, après avoir parlé au chancelier Cuno au nom des banquiers des territoires occupés. « Les Rhénans n’ont plus confiance dans les organismes d’Europe qui émettent des marks. Auraient-ils confiance dans le seul Hagen ? »… Barrès repousse une Rhénanie qui vivrait avec sa propre monnaie : « Les Rhénans cessent d’être solidaires des autres Allemands. Oui, c’est une rupture de solidarité tant pour les affaires que pour les fortunes privées »…

300 produits«1 sur 30»
300 produits«1 sur 30»
001. Émile Chartier dit ALAIN (1868-1951) philosophe Image
001. Émile Chartier dit ALAIN (1868-1951) philosophe

MANUSCRIT autographe signé, Propos d’un Normand, [1911] ; 2 pages in-8. Sur la JUSTICE (texte publié dans La Dépêche de Rouen du 15 décembre 1911). « Je parlais ces jours-ci de ces délits d’audience commis par des détenus ». Insultes et menaces n’ont de portée que lorsqu’elles viennent d’un homme libre, et de nos jours, « la simplicité nue de la loi » convient à l’idée d’égalité si chère aux foules. « Car ce prévenu qui injuriait le colonel président du Conseil de Guerre avait sans doute quelque idée confuse, mais longtemps mûrie contre l’inégalité et contre le respect ; il y avait du sacrilège dans l’idée de son action, et par conséquent un certain courage révolutionnaire dans l’idée de son action »… Mais si lui-même était juge et insulté ou frappé par un prévenu, il blâmerait d’abord les gardes, puis rappellerait le prévenu que ses injures n’ont pas de sens dans son état actuel, « que les effets du contrat de société sont provisoirement suspendus […] Que c’est la force qui règne maintenant, et que la force ne veut point être respectée, et n’a nul besoin d’être respectée. Que le juge enfin n’est point du tout un homme libre en face d’un homme libre, mais une puissance qu’on ne peut ni toucher ni ébranler ; et que, comme il ne peut écouter la pitié, il ne peut point non plus écouter la colère »…

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002. Alphonse ALLAIS (1855-1905) écrivain humoriste Image
002. Alphonse ALLAIS (1855-1905) écrivain humoriste

L.A.S., [Honfleur octobre 1899], à son ami Gaston Méry ; 3 pages in-8. Superbe lettre sur la publicité. Désirant faire une « rapide incursion à Paris avant ma rentrée définitive » pour régler leurs projets, il lui demande un permis Hâvre-Paris aller-retour. « C’est une très bonne idée de consacrer la dernière page du journal à de la publicité humoristique. Le tout sera de trouver des façons amusantes de traiter le sujet, pour séduire les commerçants. Par exemple pour le ripolin qui fait, en ce moment, beaucoup de réclames et d’affiches, voici ce qu’on pourrait leur proposer : Le chanteur POLIN éclatant de son bon rire si connu. Il est en pantalon blanc et tient à la main son classique mouchoir à carreaux. Deux gosses tenant à la main un pot de ripolin lui peignent l’un en rouge, sa culotte, l’autre en bleu son mouchoir à carreaux. Légende : On va te peindre au ripolin. / Oh, ris, Polin ! Faites exécuter par un de vos artistes l’esquisse de ce sujet, portez le chez les gens, et je vous parie qu’on le prend avec enthousiasme (si cette affaire se fait, n’oubliez pas ma bedide gomizion) »… Il pense avoir quelques bonnes idées pour ce « business », mais pour cela il faudrait se voir… Il va lui envoyer sa dernière chronique : « Pour différentes raisons, il me plait d’être qualifié “rédacteur en chef” sans en posséder les pouvoirs […]. D’ailleurs mon nom sur la manchette vous attirera certainement beaucoup d’amateurs », parmi lesquels quelques-uns intéressants. Ainsi il veut écrire à « FRANC NOHAIN qui, en dehors de ses poëmes amorphes, écrit des proses très amusantes »…

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003. André ANTOINE (1858-1943) acteur et metteur en scène, fondateur du Théâtre Libre  Image
003. André ANTOINE (1858-1943) acteur et metteur en scène, fondateur du Théâtre Libre 

L.A.S., Mercredi [15 avril 1896, à M. Boniface] ; 1 page in-8. « On me dit, en débarquant, qu’un monsieur Boniface est venu demander si nous jouerions La Tante Léontine [de Maurice Boniface et Édouard Bodin]. Je suppose que vous êtes un parent de l’auteur, mon ami, et je suis heureux de vous faire connaître que nous repasserons à une prochaine date pour donner la pièce. Mais j’espère avoir le plaisir de vous compter parmi nos spectateurs de ce soir. Blanchette est une des œuvres les plus curieuses de notre répertoire et l’auteur Brieux est un des amis particuliers de Boniface »…

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004. Marcel ARLAND (1899-1986) écrivain Image
004. Marcel ARLAND (1899-1986) écrivain

10 L.A.S., 1946-1948, à Joë BOUSQUET ; 20 pages in-8 (2 lettres avec trous de classeur). Belle correspondance littéraire. 1946. 28 septembre. Son Meneur de lune l’a ému. « Voilà longtemps que je veux vous écrire, vous dire combien j’apprécie votre œuvre, combien je suis sensible à votre voix »… 1947. Brassac vendredi 5 [septembre]. « La plus belle journée de l’été aura été celle que j’ai passée à Carcassonne. Je ne vous apprends rien, n’est-ce pas, en vous disant que la sympathie que j’avais pour vous est devenue une affectueuse amitié. Je pense à vous désormais comme à l’un de mes très proches. C’est beaucoup déjà qu’une journée nous fasse connaître un homme ; mais celle-là m’a aussi aidé à mieux comprendre votre œuvre »… Il a eu grand plaisir aussi de son envoi du dessin de PICASSO, « plein d’esprit », et du poème d’ELUARD… 3 et 13 octobre. Il parle des difficultés à organiser les Cahiers de la Pléiade, de l’éventuelle réédition des deux petits romans de Mme de DURAS recommandés par Bousquet, et de Fragoletta de LATOUCHE, dont il a retrouvé le thème dans un manuscrit qu’il vient de lire pour la N.R.F. Il parle aussi de la collection qu’il dirige chez Stock, « À la promenade »… 10 novembre. Il a lu Mme de Duras : « Ourika est plaisant ; mais Édouard est très curieux, très remarquable, et je vous remercie de me l’avoir fait connaître ». Il tâche de le placer dans sa collection « À la promenade », à côté d’autres textes peu connus de Montesquieu, Mlle Aïssé, Marmontel, Tristan, Schiller, Restif, etc. Il a relu PROUST : « Curieuse impression de monde gratuit, presque chimérique, mais enfin créé par l’angoisse, l’humiliation et la cruauté. La psychologie m’en semble surfaite, mais non la valeur poétique »… 24 décembre. Il invite Bousquet à préfacer Mme de Duras, et donne des nouvelles de PAULHAN. Lui-même prépare un Marivaux pour la Pléiade et écrit « une assez longue nouvelle, qui s’appelle Sidobre (du nom du plateau où nous passions nos vacances) »… 1948. 2 janvier. Il déplore que le projet d’Édouard soit tombé à l’eau, et évoque d’autres possibilités de préface pour Stock… 10 janvier. Il propose d’ajouter à l’édition d’Édouard, préfacé par M. Giraud, le texte que Bousquet avait prévu pour les Belles Lectures. Il énumère les autres volumes en préparation ou projetés… 14 mars. Le travail de cet hiver l’a beaucoup fatigué : son édition de Marivaux, un livre sur la peinture, des préfaces de Racine et Mauriac, etc. « Et j’écris lentement, et si excitante que soit une étude critique, je ne trouve de bonheur et de repos que dans une œuvre intime »… Il commente avec admiration La Cousine Zénon, « plus libre que vos textes de l’été dernier, et plus nourri » ; sa « mémoire créatrice » est pleine de séduction et d’enseignement… Il dit aussi son émotion devant les Songes partagés de Paulhan, puis parle de projets pour sa collection : Cyrano, Nodier, contes de la province… 3 mai. Il loue l’étude de Bousquet sur Mme de Duras et Stendhal, puis le remercie des pages dans les Cahiers du Sud, qui lui font comprendre ce qui s’est passé en lui, et dont il avait à peine conscience. « J’étais très conscient de la composition formelle du livre, mais non pas de ce qu’elle supposait, et qui est dû à une évolution naturelle, organique »… 27 mai. « Ce que vous me dites de votre “Paulhan” m’en fait beaucoup attendre. Je doute que Vico ait eu de l’influence sur lui (je me demande même s’il en a eu sur Montesquieu) »…

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005. Jacques AUDIBERTI (1899-1965) écrivain Image
005. Jacques AUDIBERTI (1899-1965) écrivain

L.A.S., [fin octobre 1941, à André ROUSSEAUX] ; 2 pages in-4. Belle lettre au critique du Figaro, après sa chronique consacrée aux Fleurs de Tarbes de Jean PAULHAN, et à Tonnes de semence d’Audiberti (25 octobre 1941). L’article est remarquable par les « puissantes perspectives » consacrées à sa poésie. « Dans cette grande errance où nous sommes, il est tout de même encourageant qu’entre certains se noue un rapport attentif sur le plan de la vie profonde et humainement utile. En effet, en effet, en redonnant ce fameux “sens plus pur” aux mots de la tribu, le poète les renouvelle et, dans l’usage commun, il les dépayse. Le poète est celui qui trouve, dans le tremblement et la solennité, ce que tout le monde avait trouvé – croyait avoir trouvé. Dans la mesure où cette espèce d’ébahissement devant le langage peut se transposer à l’étape civique, social, ne pouvons-nous en retenir qu’il convient aux hommes de redécouvrir leur nature et leur mystère ? de plonger avec le plus dramatique intérêt dans les eaux de l’imagination par excellence, celle d’exister ? Le temps n’est pas seulement linéaire. L’histoire, ou ce qu’on appelle ainsi, c’est la norme humaine, en masse, en bloc (les amours, les guerres). La fonction des poètes ne vaut pas seulement pour le moment historique où ils opèrent dans un dialecte donné, sous un monarque défini. Elle s’exerce pour tous les temps humains. Oui, nous retentissons sur les âges grecs. Nous sommes, positivement, ce sel rétroactif, ce citron ubiquitaire. Nous sommes pris dans une communion vaste, pâte des morts et des vivants ensemble, et notre lampe brille dans la nuit de tous les siècles qui ne font qu’un instant, qui ne font qu’un éclair, celui d’un cri de peur, d’un mot d’amour »…

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006. Jacques BAINVILLE (1879-1956) écrivain et historien Image
006. Jacques BAINVILLE (1879-1956) écrivain et historien

MANUSCRIT autographe signé, Les jamais contents, [décembre 1929] ; 7 pages in-8 avec qqs ratures et corrections. Sur l’évacuation anticipée des territoires occupés en Rhénanie [le 30 novembre 1929, avait eu lieu l’évacuation de Coblence, rendue à la souveraineté du Reich, avec un mois et demi d’avance sur la date prévue par le traité de Versailles]. « La deuxième zone de la rive gauche du Rhin, celle de Coblence, a été évacuée sans tambours ni trompettes. Nous nous en allons. Il ne reste plus que Mayence à libérer ». Les Allemands seront-ils pour autant reconnaissants ? Malgré des affinités de mœurs et de confession avec les populations rhénanes, les habitants ont fêté le départ des Français en manifestant devant la statue monumentale de Guillaume Ier, roi de Prusse et empereur allemand, celui qui enleva l’Alsace-Lorraine à la France. « Ainsi, dès que les meilleurs des Allemands (ou les moins mauvais, comme on voudra), voient que nous avons le dos tourné, ils se mettent à penser au Vainqueur de Sedan et ils vont danser une ronde joyeuse autour de sa statue »… En outre, au lieu de parler raisonnablement de cette évacuation anticipée, et de montrer une attitude pacifique, « non seulement la presse allemande dit que la présence de soldats alliés dans la troisième zone est scandaleuse et injurieuse mais que, pour libérer complètement la Rhénanie, il faut qu’elle retrouve les cantons d’Eupen et de Malmédy restitués à la Belgique par le traité de Versailles. En d’autres termes, la révision du traité et des frontières reste l’idée fixe des Allemands. Faites-leur une concession, ils en exigeront toujours une autre »… Or « le jour où il faudra […] devant l’énormité de leurs exigences, répondre non, ce jour-là l’Allemagne, redevenue forte, relèvera le gant ».

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007. Maurice BAQUET (1911-2005) violoncelliste et acteur Image
007. Maurice BAQUET (1911-2005) violoncelliste et acteur

MANUSCRIT autographe signé avec dessin, Voyage surprise, [1947] ; 3 pages et demie in-4. Amusant article à propos du film de Pierre Prévert, au titre qui sent les vacances « et ça en a été pour nous ». Baquet raconte les tribulations du tournage entre Saint Flour, les gorges du Tarn et Palavas-les-Flots, et quelques incidents…. « Si vous voyez Voyage Surprise vous nous retrouverez tous, bien vivants, de bonne humeur et vous vivrez, avec nous, de bons moments »… Sur le dernier feuillet, amusant dessin de la voiture du tournage.

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008. Jules BARBEY D’AUREVILLY (1808-1889) écrivain Image
008. Jules BARBEY D’AUREVILLY (1808-1889) écrivain

L.A.S. « Jules B. d’Aur », à un ami rédacteur de journal ; demi-page in-8 à l’encre rouge. « Voilà 2 feuillets ! Je ne suis pas loin, mais je suis parti et maintenant j’irai vite ! Je suis sûr de moi, mon ami. Ce soir à VI heures – je serai prêt ! Envoyez et dites-moi si vous êtes content »…

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009. Jean-Denis BARBIÉ DU BOCAGE (1760-1825) géographe, cartographe et érudit Image
009. Jean-Denis BARBIÉ DU BOCAGE (1760-1825) géographe, cartographe et érudit

L.A.S., Paris 12 août 1813, à M. TOCHON, négociant et homme de lettres ; 2 pages in-4, adresse. Il commande divers ouvrages de voyageurs, dont certains pour la Bibliothèque de l’Institut. Il lui demande 2 exemplaires des « Voyages dans différents pays d’Europe, d’Asie et d’Afrique » de E. D. Clarke ; un Voyage de Krusenstern traduit en anglais, le Voyage de Buchanan en Inde, un ouvrage sur la Perse, etc… Il donne des nouvelles de M. Cousinéry à Constantinople [Esprit-Marie Cousinéry, diplomate, archéologue et numismate], qui ne peut regagner Smyrne « parceque la peste y chauffe » : « Il me marque qu’il a un acheus de Syrie en or et qu’il prépare une dissertation sur cette médaille ». Il viendra l’an prochain à Paris « et nous verrons ses nouvelles richesses »… Etc.

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010. Maurice BARRÈS (1862-1923) écrivain

MANUSCRIT autographe, Monnaie, [1922] ; 9 pages in-4, au dos de papier à en-tête de la Chambre des Députés. Notes pour un discours sur la monnaie et l’Allemagne. « De janvier jusqu’à mars, CUNO a su maintenir à peu près la valeur du mark malgré les prodigalités de la Ruhr. C’était une politique pour trois mois. Nous avons tenu le coup. Sa politique s’est effondrée et le mark a connu cette dégringolade formidable qui allaiter porter le franc de 500 marks à mille milliards de marks »… Alors tout le monde a voulu imprimer de la monnaie : tel industriel par exemple a imprimé des simili-marks pour ses ouvriers, avant qu’un sommet à Coblence ne prononce l’interdiction d’émettre aucune monnaie non autorisée. Cependant la chute du mark continuait, avec des conséquences graves pour les populations. Barrès parle de la situation particulière de la régie ferroviaire, autorisée à émettre de la monnaie, et des efforts pour grouper les grands financiers du pays rhénan. Il évoque la campagne d’injures dont HAGEN, président de la Chambre de Commerce de Cologne, a été l’objet, après avoir parlé au chancelier Cuno au nom des banquiers des territoires occupés. « Les Rhénans n’ont plus confiance dans les organismes d’Europe qui émettent des marks. Auraient-ils confiance dans le seul Hagen ? »… Barrès repousse une Rhénanie qui vivrait avec sa propre monnaie : « Les Rhénans cessent d’être solidaires des autres Allemands. Oui, c’est une rupture de solidarité tant pour les affaires que pour les fortunes privées »…

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