Catalogue 2019

20
Yes
None
1
26
/?page_id=2830
Thumbnail

Catégories:

Catalogue 2019
Catalogue 2019
001 Marie d’AGOULT (1805-1876) femme de lettres, maîtresse de Liszt
200 
001 Marie d’AGOULT (1805-1876) femme de lettres, maîtresse de Liszt Image

L.A.S., 11 juin 1848, [à Alphonse de Lamartine] ; 1 page et demie in-8. « Faites-moi un très grand plaisir. Le consulat de Nice est vacant par la mort de M. de Châteaugiraud. Faites-y envoyer M. Barbet de Jouy nommé à Santander et qui n’a pas rejoint encore. Ce n’est pas un avancement. Ces deux consulats sont égaux ; mais la santé de sa femme fait souhaiter ardemment à Monsieur Barbet le séjour de Nice. Vous savez que M. Barbet de Jouy est le frère de M. Barbet du Peuple constituant : nous serions tous infiniment sensibles à cette nouvelle marque de votre intérêt »…

002 Émile Chartier dit ALAIN (1868-1951) philosophe
500 
002 Émile Chartier dit ALAIN (1868-1951) philosophe Image

manuscrit autographe signé, Propos d’un Normand, [1910] ; 2 pages in-8. Sur le travail de la terre (texte publié dans La Dépêche de Rouen du 1er janvier 1910, et recueilli dans 101 Propos d’un Normand, 3e série, 1909). Suzette, belle diablesse, retrouve pendant ses vacances le petit paysan Dédé : tels deux cosaques, ils « rançonnent le pays à un quart de lieue », grimpent sur un pommier et sautent, sans égard pour le blé mûr en dessous. « Je fis donc un discours sur le blé. Comment la terre, labourée et ensemencée, multiplie les biens. Que le grain, après avoir dormi en terre, se gonfle à la pluie tiède, et s’allonge vers le soleil », etc., et enfin forme au sommet des tiges une grappe de fleurs et un épi « dont le laboureur, enfin récompensé, faisait la farine le pain et les tartines, choses bonnes à manger, non seulement pour les bêtes, mais pour les gens. Que ces précieux biens mûrissent au soleil, sans qu’on les garde, attendu que tout le monde, à la campagne, respecte le blé »… Suzette riait, mais Dédé, attentif, regarda le blé en vrai paysan : « son regard à lui saisissait les choses de la terre »… Et alors que Suzette l’appelait au jeu, « il fit une action de héros ; il s’assit. Ce fut la fin du jeu, et le plus beau triomphe dont je puisse me vanter »… Suzette, cependant défia le raisonneur de son regard. « Elle aussi mesurait à ce moment-là une force nouvelle ; elle déchiffrait son avenir de femme »…

003 Arsène ALEXANDRE (1859-1937) journaliste et critique d’art, ami et défenseur des impressionnistes
600 
003 Arsène ALEXANDRE (1859-1937) journaliste et critique d’art, ami et défenseur des impressionnistes Image

L.A.S., Mardi soir [4 avril 1899], à Claude Monet ; 1 page et demie in-8. Sur la préparation de la vente aux enchères au profit des enfants d’Alfred Sisley, mort le 29 janvier (1er mai, galerie Georges Petit). Alexandre remercie Monet de l’avoir associé à cette bonne œuvre : « je suis très fier d’avoir été par vous jugé digne d’y apporter un modeste concours ». Il a vu Georges Petit, et il écrit à Gustave Geffroy pour lui proposer de décrire « en tête du catalogue, comme il sait le faire, avec son charme de style, l’œuvre de Sisley » ; lui-même essaiera de « faire une petite chose bien simple sur les lendemains de luttes, sur le drame même de cette vie, de cette fin du pauvre Sisley et sur l’élan de solidarité artistique et humaine qui prend la forme de cette vente »…

004 Jean ALLEMANE (1843-1935) homme politique, membre de la Commune, fondateur du Parti socialiste ouvrier révolutionnaire
100 
004 Jean ALLEMANE (1843-1935) homme politique, membre de la Commune, fondateur du Parti socialiste ouvrier révolutionnaire Image

L.A.S., Paris 13 mai 1889, à Victor Dalle ; 1 page in-8, en-tête Imprimerie du Prolétariat. Association ouvrière. J. Allemane… Des délégués de divers quartiers de Paris affirment que la vente du Parti ouvrier est « tuée » par le retard apporté à son apparition. « Fais donc en sorte que la mise en pages se fasse rapidement et que les corrections, les changements n’arrêtent pas la descente des formes. Il y va de la vie du journal »…

005 Alexandre ANDRYANE (1797-1863) homme politique ; il participa à la tentative carbonariste d’insurrection de la Lombardie, et fut détenu neuf ans dans la forteresse du Spielberg
200 
005 Alexandre ANDRYANE (1797-1863) homme politique ; il participa à la tentative carbonariste d’insurrection de la Lombardie, et fut détenu neuf ans dans la forteresse du Spielberg Image

L.A.S., au château de Coye, par Luzarches (Oise) 25 juillet 1838, [à Alphonse de Lamartine] ; 3 pages in-8 (fente). Après mille désagréments et un retard dû à l’incorrigible Ladvocat, il lui offre enfin la dernière partie de ses mémoires [Mémoires d’un prisonnier d’État au Spielberg, 4 vol., Ladvocat, 1837-1838). « Des déceptions bien pénibles, bien inattendues ont affligé mon cœur depuis la publication de la première partie ; et la tristesse étoit dans mon âme pendant que j’achevois le récit de la longue captivité de Spielberg. Cette tristesse […], dont la première cause n’étoit hélas qu’un manque de foi dans une œuvre commencée avec tant de conviction et d’espérance, je vous en aurois parlé à Paris, si je n’eusse craint de déconsacrer en partie à vos yeux, celui qui jusqu’alors avoit été pour moi un objet de vénération et d’amour. Peut-être un jour vous entretiendrai-je de cette douloureuse désillusion, dont un des plus affligeants résultats, fut de m’empêcher de dire hautement tout ce que je vous ai dû de consolation et de joies, en lisant, en étudiant dans ma prison vos admirables poésies. […] Plaignez-moi donc, cher monsieur, vous à qui je dois tant, plaignez-moi de n’avoir pu m’acquitter publiquement de cette dette de cœur qui ne s’éteindra qu’avec ma vie »…

006 Fernand ANSSEAU (1890-1972) ténor belge
50 
006 Fernand ANSSEAU (1890-1972) ténor belge Image

photographie signée ; carte postale. Beau portrait par G. Berger, en costume, dans le rôle d’Hélion dans Messaline, l’opéra d’Isidore de Lara.

007 Marcel ARLAND (1899-1986) écrivain
1 500 
007 Marcel ARLAND (1899-1986) écrivain Image

manuscrit autographe signé, Jour de Noël, [1927] ; 22 pages in-4. Manuscrit complet de cette nouvelle recueillie dans Les Âmes en peine (Gallimard 1927). Le manuscrit, mis au net à l’encre bleue, présente cependant des corrections et additions ; il est titré et signé à l’encre violette, et a servi pour l’impression dans une revue (Europe ?). C’est le récit de la journée d’une pauvre vieille femme, Mme Lefèvre, qui reçoit le jour de Noël la visite de son fils Léon parti travailler à Paris… On trouve dans ce court récit, empreint d’une tristesse bouleversante, l’attente et l’inquiétude d’une mère, la joie des retrouvailles, la pudeur et la gêne des sentiments, la déception lorsqu’il lui annonce qu’il repart dans la journée passer ses vacances chez de riches amis ; enfin, la terrible solitude de la vieillesse oubliée par les enfants… Arland décrit les préparatifs du repas, de la maison, l’amour maternel de cette paysanne qui attends son grand fils ; sa grosse émotion, qu’elle tente de dissimuler, en le revoyant, lui qui à Paris est devenu « un Monsieur », dans lequel elle cherche le petit garçon… On voit cet amour débordant de tendresse, sa douleur de mère abandonnée quand elle comprend que ce séjour tant rêvé, tant attendu, n’est qu’en fait une brève visite de quelques heures ; on devine sa gêne de pauvre et de petite vieille… En retour, l’inquiétude agacée de son fils, mêlée à une tendresse sourde, qu’il ne parvient pas à exprimer… Le soir, dans la solitude, est lourd d’angoisse et cloture cette nouvelle : …« Lentement, les flocons de neige se collaient aux vitres. Le crépuscule vint. Quand elle ne vit plus assez pour travailler, elle se tint immobile, la tête vide. Les ténèbres s’amoncelèrent autour d’elle. Et soudain une angoisse la prit ; elle n’en savait pas les causes, mais elle n’était plus que faiblesse ; elle voulut parler, et n’eut pas la force d’ouvrir la bouche ; elle joignit les mains ; elle avait peur ».

008 Félix ARVERS (1806-1850) poète et auteur dramatique
50 
008 Félix ARVERS (1806-1850) poète et auteur dramatique Image

L.A.S., jeudi 11 mai, à Alfred Tattet ; 1 page et demie in-8 à son chiffre. Il tâchera de dîner avec lui avant son départ. « Je te renvoie, en attendant, ta Kintosh […]. Si tu n’as plus besoin de mon Tallemant des Réaux et que tu veuilles profiter de mon commissionnaire pour me le renvoyer, nous aurons apuré tous nos petits comptes, sauf les Mémoires d’Alfieri que je te demande la permission de garder encore »…

009 Jean-Pierre AUGEREAU (1772-1836) général et baron d’Empire, frère du maréchal
100 
009 Jean-Pierre AUGEREAU (1772-1836) général et baron d’Empire, frère du maréchal Image

L.A.S. comme général de brigade, Paris 23 novembre 1807, à M. Julien ; 1 page in-4. Il recommande au sous-inspecteur Julien le sieur Sarrat « pour l’entreprisse des équipages militaires, et le service des vivres pour l’armée de Portugal ». Sarrat a déjà rempli ce service du temps de la guerre avec l’Espagne…

010 Pierre Simon BALLANCHE (1776-1847) écrivain et philosophe, ami de Mme Récamier
150 
010 Pierre Simon BALLANCHE (1776-1847) écrivain et philosophe, ami de Mme Récamier Image

L.A.S., à Alphonse de Lamartine ; 1 page in-8, adresse. Il éprouve un vrai chagrin de leurs visites en l’absence l’un de l’autre. « Je suis chargé par Madame Récamier de vous exprimer aussi tous ses regrets, et de vous dire combien vivement elle désire votre bonne visite. Vous seriez bien sûr de la trouver tous les jours de 4 à 6 heures, le matin. J’aurais, par là, chance de vous voir »…

011 Théodore de BANVILLE (1823-1891) poète
600 
011 Théodore de BANVILLE (1823-1891) poète Image

poème autographe signé, Ballade À Jacques Truffier, pour sa bien venue, août 1882 ; 2 pages et demie in-8. Cette jolie ballade de 3 huitains et un quatrain d’envoi, datée en fin « Août 1882 », est écrite pour la naissance de Jacques Truffier, fils de l’acteur Jules Truffier (1856-1943), de la Comédie Française, et de la cantatrice Zoé Molé-Truffier (1855-1923) qui s’étaient mariés en mai 1881.

« Petit enfant qui viens tout nu

Du beau pays imaginaire,

Sois le bien et très bien venu.

Éveille-toi, grandis, prospère ! »...

 

012 Achille BARAGUEY D’HILLIERS (1795-1878) maréchal de France, il se distingua en Crimée et en Italie
80 
012 Achille BARAGUEY D’HILLIERS (1795-1878) maréchal de France, il se distingua en Crimée et en Italie Image

L.A.S., Paris 23 avril 1862, aux administrateurs du Chemin de fer du Nord ; 1 page et demie in-4, en-tête Commandement supérieur des divisions de l’Ouest. Cabinet du Maréchal. « Je suis arrivé hier à la gare de Pontoise plus d’un quart d’heure avant le départ du train de 1 h 23 pour Paris, j’ai pris mon billet & sous l’abri en avant des salles d’attente, j’ai attendu que l’on prévînt les voyageurs du départ de ce train », ce qui ne fut pas fait ; quand il est allé sur le quai, « le signal de départ avait été donné & quoique le convoi ne fût pas en mouvement, le commissaire administratif refusa de me laisser monter »...

013 Jules BARBEY D’AUREVILLY (1808-1889) écrivain
700 
013 Jules BARBEY D’AUREVILLY (1808-1889) écrivain Image

L.A.S., 5 novembre 1858, à Marie Escudier, directeur du Réveil ; 3 pages in-8 à l’encre rouge, enveloppe avec cachet de cire rouge aux armes. Il s’étonne de n’avoir reçu de lui ni livres, ni le journal, ni ses 220 francs. Il revient sur sa demande d’argent, « faite à votre frère pendant que j’étais à Port-Vendres [avec la baronne de Bouglon]. Il était trop préoccupé de vous pour répondre à cela. Vous étiez malade, mais je l’étais aussi. Comme je ne recevais pas la somme retardée et qu’il me fallait quitter le pays, sous peine de n’y pas guérir, j’ai été obligé d’emprunter l’argent dont j’avais besoin, et cet argent, il faut que je le rembourse. […] Je vous donne ces explications comme à un ami, pour que vous ne vous étonniez pas de mon insistance sur une question qu’il m’est toujours désagréable de traiter, même quand l’argent m’est dû, depuis longtemps ». Il demande le livre de Laboulaye sur La Liberté Religieuse : « C’est un livre qui doit être un excellent prétexte dans les circonstances actuelles, pour faire une rentrée éclatante au Réveil »...

014 François BARBÉ-MARBOIS (1745-1837) ministre et administrateur
100 
014 François BARBÉ-MARBOIS (1745-1837) ministre et administrateur Image

L.A.S. « M », Noyers 13 octobre 1828, [à Firmin Didot] ; 1 page in-8. Relative à son Histoire de la Louisiane. Il n’a voulu ni presser ni ralentir le travail de l’impression, mais savoir quand il serait terminé : « l’impression doit maintenant marcher regulierement et puisque depuis 15 jours tout l’ouvrage est composé, rien ne doit empecher qu’on avance. [...] J’ai été empressé à faire tout ce qu’on a voulu. Aussi je ne me suis pas attendu à un aussi long retard »...

015 Joseph BARUZI (1876-1952) philosophe, poète et musicologue
450 
015 Joseph BARUZI (1876-1952) philosophe, poète et musicologue Image

12 L.A.S., 1925-1950, à André Berge ; 83 pages in-4 (une carte postale), enveloppe. Belle et riche correspondance amicale et intellectuelle, dont nous ne pouvons donner qu’un rapide aperçu. Il parle de ses projets littéraires et musicologiques, répond à des remarques critiques et aux encouragements de Berge. Lui-même est un lecteur attentif des livres de Berge, dont il apprécie vivement Bernard Bardeau : « j’ai eu soudainement l’impression – si rare ! – de présence totale : l’enfant était là, – physiquement d’abord, avec son regard, ses gestes, sa voix, toute la grâce et toute l’inquiétude de son corps ; – et aussi en toute la netteté et toute la confusion de sa vie profonde, – toute son interrogation silencieuse, tout son élan que chacun, alentour, réprime » (1er juin 1929)... Dans une longue lettre de 25 pages, intitulée 142.857, se livre à des réflexions sur l’aspect métaphysique des chiffres et leurs combinaisons (7 avril 1930). Il parle de leurs rencontres aux décades de Pontigny, du Comité de secours aux intellectuels juifs persécutés en Allemagne « pour lequel Paderewski a donné, à la fin de juin, un concert inoubliablement admirablement, qui a dû rapporter au moins 200.000 francs » (24 août 1933)... Il évoque avec émotion sa perpétuelle surprise devant Rome, et du livre qu’il voudrait en tirer (27 septembre 1934). Etc. On joint 2 L.A.S. de son frère Jean Baruzi à André Berge.

016 Victor BASCH (1863-1944) philosophe, président de la Ligue des Droits de l’Homme et du Rassemblement Populaire, assassiné par la Milice
400 
016 Victor BASCH (1863-1944) philosophe, président de la Ligue des Droits de l’Homme et du Rassemblement Populaire, assassiné par la Milice Image

L.A.S., Paris 27 mai 1929, à Frédéric Lefèvre ; 1 page in-8, en-tête Université de Paris, Faculté des Lettres, enveloppe. Belle lettre philosophique sur Les Matinées du Hêtre Rouge de Lefèvre (Flammarion 1929) : « J’ai fait avec vous la plus charmante promenade à travers l’esthétique littéraire […]. J’ai trouvé tout à fait poignant de voir personnifiés les problèmes que nous, nous avons accoutumé d’incarner dans les Kant, les Schopenhauer, les Hegel […], dans des “créateurs” devenus, pour un moment, critiques. Comme Marcel Proust, Montherlant ou Joseph Delteil. Vous avez jeté ainsi des conceptions abstraites et paraissant planer au dessus du temps et de l’espace dans les courants vivants de la réalité concrète et contemporaine »... Les idées de Lefèvre sur les lois esthétiques sont différentes des siennes ; Basch va les développer dans une série de petits volumes à paraître chez Alcan où il a « déposé le fruit de près de cinquante ans de réflexions », et où il va essayer « d’exposer le maître-problème et les problèmes secondaires de l’esthétique ». Il lui adresse son Essai critique sur l’esthétique de Kant « où j’ai greffé sur les vues du Vieux de Königsberg une esthétique qu’il me reste à dégager de son emprise et à fonder en savoir »…

017 François de Vendôme, duc de BEAUFORT (1616-1669) amiral, un des chefs de la Fronde, surnommé « le Roi des Halles », mort au siège de Candie
400 
017 François de Vendôme, duc de BEAUFORT (1616-1669) amiral, un des chefs de la Fronde, surnommé « le Roi des Halles », mort au siège de Candie Image

P.S., Paris 19 janvier 1669 ; vélin oblong in-fol. Commission de lieutenant pour le S. Bellisle Dérard sur le vaisseau Le Lys « que Sa Majesté faict armer pour empescher la continuation des pirateries de ceux de Thunis et d’Alger et autres qui voudront interrompre le commerce des sujets de sa Majesté »…

018 Simone de BEAUVOIR (1908-1986) écrivain
700 
018 Simone de BEAUVOIR (1908-1986) écrivain Image

L.A.S., Samedi 26 [1949], à Jean Pouillon ; 1 page in-4 sur papier quadrillé (légères fentes sur les bords). Envoi d’extraits du Deuxième Sexe à la revue Les Temps Modernes. « J’envoie aujourd’hui environ 160 p. dactylographiées, ce qui ferait 3 numéros : mai-juin-juillet. On pourrait appeler le tout : La Sensualité féminine. 1) Érotisme. 2) Maternité ». Le second peut être envoyé de suite mais elle souhaite soumettre le premier texte à Julliard, craignant que ce ne « soit un peu vif pour la revue ». Mais « naturellement, si il faut couper dans mon texte, j’aime mieux ne pas le publier ». Il est important de publier L’Érotisme féminin avant Maternité. Elle ajoute en marge : « Si vous n’utilisez pas l’érotisme gardez le texte soigneusement au bureau T.M. »…

019 Henry BECQUE (1837-1899) auteur dramatique
500 
019 Henry BECQUE (1837-1899) auteur dramatique Image

poème autographe signé, « Prends ce bouquet de roses »… ; 3 pages in-8. Charmant poème de six quatrains, avec épigraphe de Shakespeare : « Des fleurs à cette fleur ! »

« Prends ce bouquet de roses

Presse le sur ton sein

Avec de bonnes choses

Pour l’ami doux et sain »…

020 Maurice BELLONTE (1896-1984) aviateur, il réussit avec Dieudonné Costes la première traversée Paris-New York sans escale
75 
020 Maurice BELLONTE (1896-1984) aviateur, il réussit avec Dieudonné Costes la première traversée Paris-New York sans escale Image

P.S., Paris 27 octobre 1930 ; demi-page in-4, en-tête Dieudonné Costes. « Reçu de monsieur Costes la somme de quinze mille quatre cent vingt quatre dollars, en chèque sur papier blanc tiré sur “The National Bank of New York (de France)” »... On joint un compte de la main de Costes, et la copie carbone d’une lettre à lui adressée par Costes, Paris 20 février 1931.

021 Charles de BÉRIOT (1802-1870) violoniste et compositeur, mari de la Malibran
500 
021 Charles de BÉRIOT (1802-1870) violoniste et compositeur, mari de la Malibran Image

L.A.S., Ixelles 15 avril 1840, à Eugène Troupenas, éditeur de musique ; 2 pages et demie in-4, adresse. Intéressante lettre à son ami et collaborateur à propos de leur brouille. On lui a remis sa lettre, que ses parents avaient lue à son insu « et je n’ai pu éviter la fâcheuse impression que j’aurais voulu conserver pour moi seul. Comment, en effet, est-il possible de concevoir qu’une pareille niaiserie puisse tout d’un coup rompre les liens d’une amitié comme celle qui semblait régner entre nous ? On sait combien cette amitié est vraie de mon côté »... Il ne tient pas à s’expliquer sur les motifs de sa décision de « faire à ton commerce de musique une infidélité sans importance qui eut été probablement la première et la dernière [...]. Mais la déclaration que tu me fais de n’avoir jamais eu d’amitié pour moi me dispense de toute justification »... Au lieu de la lettre indigne qu’il lui a écrite, il imagine ce qu’aurait dû dire Troupenas s’il s’était comporté en véritable ami. Il lui rappelle que depuis plusieurs années tous les éditeurs lui offrent un prix plus élevé que lui pour des arrangements d’opéras, qu’il refuse par fidélité à son égard ; Troupenas devrait comprendre qu’il veuille travailler sur les œuvres de Meyerbeer qui l’inspirent, ainsi qu’avec d’autres éditeurs, car il n’est pas assez riche pour refuser le travail qui s’offre à lui, et un bon ami ne devrait pas imposer pareil sacrifice. Il le remercie de l’avoir éclairé « quoique d’une façon cruelle » sur ses véritables sentiments, et ajoute qu’il a promis à Masset « le concerto que je t’avais dédié dans le temps où j’ignorais que ton amitié ne résisterait pas à l’épreuve de la plus légère affaite d’intérêt »...

022 Hector BERLIOZ (1803-1869) compositeur
3 800 
022 Hector BERLIOZ (1803-1869) compositeur Image

L.A.S., Paris mercredi [18 juin 1862], à Pauline Viardot ; 2 pages et demie in-8 (petit deuil, cachet sec Collection Viardot). Lettre pathétique sur la mort de sa seconde épouse, la cantatrice Marie Recio [le 13 juin 1862, à Saint-Germain en Laye]. Il la remercie de sa lettre : « je suis bien brisé, je vous raconterai des détails qui vous feront comprendre à quel point je dois l’être. Mon fils va arriver tout à l’heure de Marseille. Mes amis ont été bien bons ; ma belle-mère qui a été folle pendant vingt heures va mieux et se montre même plus courageuse que je n’aurais pu le croire. Je ne pourrai aller à Bade qu’à la fin de Juillet. Si je ne suis pas allé vous voir avant votre départ de Paris c’est que j’avais paru être importun lorsque je vous ai saluée en passant le soir d’un concert du ministre d’État, et que j’ai craint de l’être encore en allant vous voir. C’est peut-être une illusion, une erreur de ma triste imagination, en ce cas, je vous prie de me la pardonner. Je ne sais pas trop ce que j’écris »... Il ajoute : « Foudroyée en une minute à St Germain, en faisant sa toilette à 11 heures. Mme Delaroche ne la voyant pas descendre entre dans sa chambre et à trouve étendue à terre encore chaude... On m’envoie une dépêche... J’accours... et... pardon je vous dirai. »

023 Marie-Caroline, duchesse de BERRY (1798-1870) fille du Roi des Deux-Siciles, épouse du duc de Berry, mère du comte de Chambord, elle tenta en 1832 de soulever la Vendée
600 
023 Marie-Caroline, duchesse de BERRY (1798-1870) fille du Roi des Deux-Siciles, épouse du duc de Berry, mère du comte de Chambord, elle tenta en 1832 de soulever la Vendée Image

L.A.S., Naples 12 juillet 1850, à Mme Walsh ; 3 pages in-8 à son chiffre couronné. Mariages princiers. [Elle évoque le mariage, le 10 avril 1850 à Florence, de son (demi-)frère François de Paule de Bourbon-Siciles (1827-1892), comte de Trapani, avec sa nièce Marie-Isabelle de Habsbourg-Toscane (1834-1901, fille du grand-duc Léopold II de Toscane) ; puis celui, à Caserte le 10 juillet 1850, de sa (demi-)sœur Marie-Caroline de Bourbon-Siciles (1820-1861) avec Charles de Bourbon, comte de Montemolin (1818-1861), prétendant carliste (Charles VI) au trône d’Espagne, fils de l’Infant Don Carlos (Charles V) écarté du trône par Isabel II.] « Je ne vous ai pas écrit depuis des siècles ni à Mr Walsh parce que j’ai été par voie et par chemins. J’ai assisté à Florence au mariage de mon frère et ma nièce qui sont bien heureux. J’ai voulu annoncer moi-même à Mr Walsh, si dévoué à notre cause, et à celle Espagnole, le mariage du Cte Montemolin avec ma sœur Caroline, [...] je suis bien heureuse de ce mariage, […] le Roi a été parfait et pour sa sœur et pour le Cte Montemolin qu’il regarde comme un frère. Hier ils se sont mariés à la chapelle de Caserte, présent toute la Cour. Après nous avons eu diner en famille, ensuitte nous avons été à une chapelle d’une vierge miraculeuse, et les époux sont allés le soir à Capodimonte où ils passeront leur mois de miel. J’ai été les voir ce matin, ils sont on ne peut plus heureux. Vous pensez bien la joie des pauvres Don Carlos et sa femme de voir leur fils chéri bien marié leur lettres sont touchantes »... Elle invite son amie à venir la voir l’hiver à Venise, où elle part et donne son adresse : « Palazzo Vendramin Calergi à St Marcola »…

024 Alexandre BERTHIER (1753-1815) maréchal et ministre de la Guerre
450 
024 Alexandre BERTHIER (1753-1815) maréchal et ministre de la Guerre Image

L.A.S., Schoenbrunn 18 octobre 1809, [au général Clarke, duc de Feltre] ; 1 page et demie in-8. Lettre amicale. « L’Empereur a nommé votre gendre Faisansac [Raymond de Montesquiou-Fezensac] chef d’escadron – j’ai été satisfait de la conduite de ce jeune homme. Aussitôt les notifications échangées je le renvoie près de sa femme. J’ai donné aussi un congé au colonel Omeara qui en a besoin pour sa santé. L’Emp. lui a donné une dotation de 4000 et le titre de Bon »... Il compte le voir dans 15 ou 20 jours. « Quand on ne se bat plus j’avoue que je m’ennuye double à l’armée, et surtout loin de l’Emp. »...

025 Antoine BÉTHOUART (1889-1982) général
500 
025 Antoine BÉTHOUART (1889-1982) général Image

2 L.A.S., 1949-1953, à Pierre Lyautey ; 5 pages et demie in-4 à son en-tête, le premier comme Haut Commissaire de la République française en Autriche. Très intéressant ensemble sur la formation de l’Europe. 25 janvier 1949. Il va à Paris « pour juger les généraux Fagalde Dubuisson etc. ce qui n’a rien de joyeux. Ce sera la première fois que je retournerai à un conseil de guerre depuis que j’y étais traduit comme accusé »... Les pourparlers pour le traité vont reprendre : on spécule sur ce que feront les Russes mais il se méfie : « le seul test valable ne peut être que la liberté rendue aux états satellites. D’ici là il n’y a qu’une politique valable empêcher à tout prix la formation de nouveaux satellites (surtout ici qui est la clé de l’Europe) et profiter de cette menace pour faire l’Europe... malgré tous les obstacles dont l’attitude britannique est un des principaux »... La visite de François-Poncet a été extrêmement intéressante... 13 octobre [1953]. Il rentre de La Haye [au Congrès du Mouvement européen] : les débats ont été intéressants, et la tendance générale modérée, « nettement minimaliste. Une autorité supranationale oui mais seulement pour ce que nous ne pouvons plus assurer seuls, c. à d. la communauté charbon oui, la communauté de défense et la préparation en 6 ans d’un marché commun. En ce qui concerne l’intégration des territoires d’Outre Mer, le congrès a été d’une extrême prudence. Aucune résolution n’a été votée [...] Derrière tout ce bruit il y a une vaste campagne d’intérêts économiques qui à travers les autres communautés veulent torpiller celle du charbon et de l’acier mais c’est extrêmement dangereux. Churchill nous menace d’une nouvelle Wehrmacht ce qui est le danger n° 1. Une collusion germano-américaine serait moins dangereuse qu’une collusion germano-russe mais elle nous placerait en satellite et l’empire en ferait vraisemblablement les frais »...

026 Michel Maurice Lévy, dit BÉTOVE (1884-1965) compositeur et humoriste
150 
026 Michel Maurice Lévy, dit BÉTOVE (1884-1965) compositeur et humoriste Image

L.A.S., 22 février 1935, à « Vieux » ; 2 pages in-4. « J’ai téléphoné à Alphonse S. – Sur 8 pièces dont il a parlé favorablement au Comité (dont la tienne) une seulement a été retenue et nullement pour des raisons artistiques mais d’autres qui n’ont rien à voir avec le talent et le rehaussement du niveau intellectuel français. […] Présente ta pièce à Paul Abram directeur de l’Odéon et recommande-toi de moi – c’est un ami. La Comédie Française actuellement est un des représentatifs de l’esclavage politique ! C’est tout ! »...

Catalogue 2019
001 Marie d’AGOULT (1805-1876) femme de lettres, maîtresse de Liszt Image
001 Marie d’AGOULT (1805-1876) femme de lettres, maîtresse de Liszt
L.A.S., 11 juin 1848, [à Alphonse de Lamartine] ; 1 page et demie in-8. « Faites-moi un très grand plaisir. Le consulat de Nice est vacant par la mort de M. de Châteaugiraud. Faites-y envoyer M. Barbet de Jouy nommé à Santander et qui n’a pas rejoint encore. Ce n’est pas un avancement. Ces deux consulats sont égaux ; mais la santé de sa femme fait souhaiter ardemment à Monsieur Barbet le séjour de Nice. Vous savez que M. Barbet de Jouy est le frère de M. Barbet du Peuple constituant : nous serions tous infiniment sensibles à cette nouvelle marque de votre intérêt »…
200 
002 Émile Chartier dit ALAIN (1868-1951) philosophe Image
002 Émile Chartier dit ALAIN (1868-1951) philosophe
manuscrit autographe signé, Propos d’un Normand, [1910] ; 2 pages in-8. Sur le travail de la terre (texte publié dans La Dépêche de Rouen du 1er janvier 1910, et recueilli dans 101 Propos d’un Normand, 3e série, 1909). Suzette, belle diablesse, retrouve pendant ses vacances le petit paysan Dédé : tels deux cosaques, ils « rançonnent le pays à un quart de lieue », grimpent sur un pommier et sautent, sans égard pour le blé mûr en dessous. « Je fis donc un discours sur le blé. Comment la terre, labourée et ensemencée, multiplie les biens. Que le grain, après avoir dormi en terre, se gonfle à la pluie tiède, et s’allonge vers le soleil », etc., et enfin forme au sommet des tiges une grappe de fleurs et un épi « dont le laboureur, enfin récompensé, faisait la farine le pain et les tartines, choses bonnes à manger, non seulement pour les bêtes, mais pour les gens. Que ces précieux biens mûrissent au soleil, sans qu’on les garde, attendu que tout le monde, à la campagne, respecte le blé »… Suzette riait, mais Dédé, attentif, regarda le blé en vrai paysan : « son regard à lui saisissait les choses de la terre »… Et alors que Suzette l’appelait au jeu, « il fit une action de héros ; il s’assit. Ce fut la fin du jeu, et le plus beau triomphe dont je puisse me vanter »… Suzette, cependant défia le raisonneur de son regard. « Elle aussi mesurait à ce moment-là une force nouvelle ; elle déchiffrait son avenir de femme »…
500 
003 Arsène ALEXANDRE (1859-1937) journaliste et critique d’art, ami et défenseur des impressionnistes Image
003 Arsène ALEXANDRE (1859-1937) journaliste et critique d’art, ami et défenseur des impressionnistes
L.A.S., Mardi soir [4 avril 1899], à Claude Monet ; 1 page et demie in-8. Sur la préparation de la vente aux enchères au profit des enfants d’Alfred Sisley, mort le 29 janvier (1er mai, galerie Georges Petit). Alexandre remercie Monet de l’avoir associé à cette bonne œuvre : « je suis très fier d’avoir été par vous jugé digne d’y apporter un modeste concours ». Il a vu Georges Petit, et il écrit à Gustave Geffroy pour lui proposer de décrire « en tête du catalogue, comme il sait le faire, avec son charme de style, l’œuvre de Sisley » ; lui-même essaiera de « faire une petite chose bien simple sur les lendemains de luttes, sur le drame même de cette vie, de cette fin du pauvre Sisley et sur l’élan de solidarité artistique et humaine qui prend la forme de cette vente »…
600 
004 Jean ALLEMANE (1843-1935) homme politique, membre de la Commune, fondateur du Parti socialiste ouvrier révolutionnaire Image
004 Jean ALLEMANE (1843-1935) homme politique, membre de la Commune, fondateur du Parti socialiste ouvrier révolutionnaire
L.A.S., Paris 13 mai 1889, à Victor Dalle ; 1 page in-8, en-tête Imprimerie du Prolétariat. Association ouvrière. J. Allemane… Des délégués de divers quartiers de Paris affirment que la vente du Parti ouvrier est « tuée » par le retard apporté à son apparition. « Fais donc en sorte que la mise en pages se fasse rapidement et que les corrections, les changements n’arrêtent pas la descente des formes. Il y va de la vie du journal »…
100 
005 Alexandre ANDRYANE (1797-1863) homme politique ; il participa à la tentative carbonariste d’insurrection de la Lombardie, et fut détenu neuf ans dans la forteresse du Spielberg Image
005 Alexandre ANDRYANE (1797-1863) homme politique ; il participa à la tentative carbonariste d’insurrection de la Lombardie, et fut détenu neuf ans dans la forteresse du Spielberg
L.A.S., au château de Coye, par Luzarches (Oise) 25 juillet 1838, [à Alphonse de Lamartine] ; 3 pages in-8 (fente). Après mille désagréments et un retard dû à l’incorrigible Ladvocat, il lui offre enfin la dernière partie de ses mémoires [Mémoires d’un prisonnier d’État au Spielberg, 4 vol., Ladvocat, 1837-1838). « Des déceptions bien pénibles, bien inattendues ont affligé mon cœur depuis la publication de la première partie ; et la tristesse étoit dans mon âme pendant que j’achevois le récit de la longue captivité de Spielberg. Cette tristesse […], dont la première cause n’étoit hélas qu’un manque de foi dans une œuvre commencée avec tant de conviction et d’espérance, je vous en aurois parlé à Paris, si je n’eusse craint de déconsacrer en partie à vos yeux, celui qui jusqu’alors avoit été pour moi un objet de vénération et d’amour. Peut-être un jour vous entretiendrai-je de cette douloureuse désillusion, dont un des plus affligeants résultats, fut de m’empêcher de dire hautement tout ce que je vous ai dû de consolation et de joies, en lisant, en étudiant dans ma prison vos admirables poésies. […] Plaignez-moi donc, cher monsieur, vous à qui je dois tant, plaignez-moi de n’avoir pu m’acquitter publiquement de cette dette de cœur qui ne s’éteindra qu’avec ma vie »…
200 
006 Fernand ANSSEAU (1890-1972) ténor belge Image
006 Fernand ANSSEAU (1890-1972) ténor belge
photographie signée ; carte postale. Beau portrait par G. Berger, en costume, dans le rôle d’Hélion dans Messaline, l’opéra d’Isidore de Lara.
50 
007 Marcel ARLAND (1899-1986) écrivain Image
007 Marcel ARLAND (1899-1986) écrivain
manuscrit autographe signé, Jour de Noël, [1927] ; 22 pages in-4. Manuscrit complet de cette nouvelle recueillie dans Les Âmes en peine (Gallimard 1927). Le manuscrit, mis au net à l’encre bleue, présente cependant des corrections et additions ; il est titré et signé à l’encre violette, et a servi pour l’impression dans une revue (Europe ?). C’est le récit de la journée d’une pauvre vieille femme, Mme Lefèvre, qui reçoit le jour de Noël la visite de son fils Léon parti travailler à Paris… On trouve dans ce court récit, empreint d’une tristesse bouleversante, l’attente et l’inquiétude d’une mère, la joie des retrouvailles, la pudeur et la gêne des sentiments, la déception lorsqu’il lui annonce qu’il repart dans la journée passer ses vacances chez de riches amis ; enfin, la terrible solitude de la vieillesse oubliée par les enfants… Arland décrit les préparatifs du repas, de la maison, l’amour maternel de cette paysanne qui attends son grand fils ; sa grosse émotion, qu’elle tente de dissimuler, en le revoyant, lui qui à Paris est devenu « un Monsieur », dans lequel elle cherche le petit garçon… On voit cet amour débordant de tendresse, sa douleur de mère abandonnée quand elle comprend que ce séjour tant rêvé, tant attendu, n’est qu’en fait une brève visite de quelques heures ; on devine sa gêne de pauvre et de petite vieille… En retour, l’inquiétude agacée de son fils, mêlée à une tendresse sourde, qu’il ne parvient pas à exprimer… Le soir, dans la solitude, est lourd d’angoisse et cloture cette nouvelle : …« Lentement, les flocons de neige se collaient aux vitres. Le crépuscule vint. Quand elle ne vit plus assez pour travailler, elle se tint immobile, la tête vide. Les ténèbres s’amoncelèrent autour d’elle. Et soudain une angoisse la prit ; elle n’en savait pas les causes, mais elle n’était plus que faiblesse ; elle voulut parler, et n’eut pas la force d’ouvrir la bouche ; elle joignit les mains ; elle avait peur ».
1 500 
008 Félix ARVERS (1806-1850) poète et auteur dramatique Image
008 Félix ARVERS (1806-1850) poète et auteur dramatique
L.A.S., jeudi 11 mai, à Alfred Tattet ; 1 page et demie in-8 à son chiffre. Il tâchera de dîner avec lui avant son départ. « Je te renvoie, en attendant, ta Kintosh […]. Si tu n’as plus besoin de mon Tallemant des Réaux et que tu veuilles profiter de mon commissionnaire pour me le renvoyer, nous aurons apuré tous nos petits comptes, sauf les Mémoires d’Alfieri que je te demande la permission de garder encore »…
50 
009 Jean-Pierre AUGEREAU (1772-1836) général et baron d’Empire, frère du maréchal Image
009 Jean-Pierre AUGEREAU (1772-1836) général et baron d’Empire, frère du maréchal
L.A.S. comme général de brigade, Paris 23 novembre 1807, à M. Julien ; 1 page in-4. Il recommande au sous-inspecteur Julien le sieur Sarrat « pour l’entreprisse des équipages militaires, et le service des vivres pour l’armée de Portugal ». Sarrat a déjà rempli ce service du temps de la guerre avec l’Espagne…
100 
010 Pierre Simon BALLANCHE (1776-1847) écrivain et philosophe, ami de Mme Récamier Image
010 Pierre Simon BALLANCHE (1776-1847) écrivain et philosophe, ami de Mme Récamier
L.A.S., à Alphonse de Lamartine ; 1 page in-8, adresse. Il éprouve un vrai chagrin de leurs visites en l’absence l’un de l’autre. « Je suis chargé par Madame Récamier de vous exprimer aussi tous ses regrets, et de vous dire combien vivement elle désire votre bonne visite. Vous seriez bien sûr de la trouver tous les jours de 4 à 6 heures, le matin. J’aurais, par là, chance de vous voir »…
150 
011 Théodore de BANVILLE (1823-1891) poète Image
011 Théodore de BANVILLE (1823-1891) poète
poème autographe signé, Ballade À Jacques Truffier, pour sa bien venue, août 1882 ; 2 pages et demie in-8. Cette jolie ballade de 3 huitains et un quatrain d’envoi, datée en fin « Août 1882 », est écrite pour la naissance de Jacques Truffier, fils de l’acteur Jules Truffier (1856-1943), de la Comédie Française, et de la cantatrice Zoé Molé-Truffier (1855-1923) qui s’étaient mariés en mai 1881. « Petit enfant qui viens tout nuDu beau pays imaginaire,Sois le bien et très bien venu.Éveille-toi, grandis, prospère ! »... 
600 
012 Achille BARAGUEY D’HILLIERS (1795-1878) maréchal de France, il se distingua en Crimée et en Italie Image
012 Achille BARAGUEY D’HILLIERS (1795-1878) maréchal de France, il se distingua en Crimée et en Italie
L.A.S., Paris 23 avril 1862, aux administrateurs du Chemin de fer du Nord ; 1 page et demie in-4, en-tête Commandement supérieur des divisions de l’Ouest. Cabinet du Maréchal. « Je suis arrivé hier à la gare de Pontoise plus d’un quart d’heure avant le départ du train de 1 h 23 pour Paris, j’ai pris mon billet & sous l’abri en avant des salles d’attente, j’ai attendu que l’on prévînt les voyageurs du départ de ce train », ce qui ne fut pas fait ; quand il est allé sur le quai, « le signal de départ avait été donné & quoique le convoi ne fût pas en mouvement, le commissaire administratif refusa de me laisser monter »...
80 
013 Jules BARBEY D’AUREVILLY (1808-1889) écrivain Image
013 Jules BARBEY D’AUREVILLY (1808-1889) écrivain
L.A.S., 5 novembre 1858, à Marie Escudier, directeur du Réveil ; 3 pages in-8 à l’encre rouge, enveloppe avec cachet de cire rouge aux armes. Il s’étonne de n’avoir reçu de lui ni livres, ni le journal, ni ses 220 francs. Il revient sur sa demande d’argent, « faite à votre frère pendant que j’étais à Port-Vendres [avec la baronne de Bouglon]. Il était trop préoccupé de vous pour répondre à cela. Vous étiez malade, mais je l’étais aussi. Comme je ne recevais pas la somme retardée et qu’il me fallait quitter le pays, sous peine de n’y pas guérir, j’ai été obligé d’emprunter l’argent dont j’avais besoin, et cet argent, il faut que je le rembourse. […] Je vous donne ces explications comme à un ami, pour que vous ne vous étonniez pas de mon insistance sur une question qu’il m’est toujours désagréable de traiter, même quand l’argent m’est dû, depuis longtemps ». Il demande le livre de Laboulaye sur La Liberté Religieuse : « C’est un livre qui doit être un excellent prétexte dans les circonstances actuelles, pour faire une rentrée éclatante au Réveil »...
700 
014 François BARBÉ-MARBOIS (1745-1837) ministre et administrateur Image
014 François BARBÉ-MARBOIS (1745-1837) ministre et administrateur
L.A.S. « M », Noyers 13 octobre 1828, [à Firmin Didot] ; 1 page in-8. Relative à son Histoire de la Louisiane. Il n’a voulu ni presser ni ralentir le travail de l’impression, mais savoir quand il serait terminé : « l’impression doit maintenant marcher regulierement et puisque depuis 15 jours tout l’ouvrage est composé, rien ne doit empecher qu’on avance. [...] J’ai été empressé à faire tout ce qu’on a voulu. Aussi je ne me suis pas attendu à un aussi long retard »...
100 
015 Joseph BARUZI (1876-1952) philosophe, poète et musicologue Image
015 Joseph BARUZI (1876-1952) philosophe, poète et musicologue
12 L.A.S., 1925-1950, à André Berge ; 83 pages in-4 (une carte postale), enveloppe. Belle et riche correspondance amicale et intellectuelle, dont nous ne pouvons donner qu’un rapide aperçu. Il parle de ses projets littéraires et musicologiques, répond à des remarques critiques et aux encouragements de Berge. Lui-même est un lecteur attentif des livres de Berge, dont il apprécie vivement Bernard Bardeau : « j’ai eu soudainement l’impression – si rare ! – de présence totale : l’enfant était là, – physiquement d’abord, avec son regard, ses gestes, sa voix, toute la grâce et toute l’inquiétude de son corps ; – et aussi en toute la netteté et toute la confusion de sa vie profonde, – toute son interrogation silencieuse, tout son élan que chacun, alentour, réprime » (1er juin 1929)... Dans une longue lettre de 25 pages, intitulée 142.857, se livre à des réflexions sur l’aspect métaphysique des chiffres et leurs combinaisons (7 avril 1930). Il parle de leurs rencontres aux décades de Pontigny, du Comité de secours aux intellectuels juifs persécutés en Allemagne « pour lequel Paderewski a donné, à la fin de juin, un concert inoubliablement admirablement, qui a dû rapporter au moins 200.000 francs » (24 août 1933)... Il évoque avec émotion sa perpétuelle surprise devant Rome, et du livre qu’il voudrait en tirer (27 septembre 1934). Etc. On joint 2 L.A.S. de son frère Jean Baruzi à André Berge.
450 
016 Victor BASCH (1863-1944) philosophe, président de la Ligue des Droits de l’Homme et du Rassemblement Populaire, assassiné par la Milice Image
016 Victor BASCH (1863-1944) philosophe, président de la Ligue des Droits de l’Homme et du Rassemblement Populaire, assassiné par la Milice
L.A.S., Paris 27 mai 1929, à Frédéric Lefèvre ; 1 page in-8, en-tête Université de Paris, Faculté des Lettres, enveloppe. Belle lettre philosophique sur Les Matinées du Hêtre Rouge de Lefèvre (Flammarion 1929) : « J’ai fait avec vous la plus charmante promenade à travers l’esthétique littéraire […]. J’ai trouvé tout à fait poignant de voir personnifiés les problèmes que nous, nous avons accoutumé d’incarner dans les Kant, les Schopenhauer, les Hegel […], dans des “créateurs” devenus, pour un moment, critiques. Comme Marcel Proust, Montherlant ou Joseph Delteil. Vous avez jeté ainsi des conceptions abstraites et paraissant planer au dessus du temps et de l’espace dans les courants vivants de la réalité concrète et contemporaine »... Les idées de Lefèvre sur les lois esthétiques sont différentes des siennes ; Basch va les développer dans une série de petits volumes à paraître chez Alcan où il a « déposé le fruit de près de cinquante ans de réflexions », et où il va essayer « d’exposer le maître-problème et les problèmes secondaires de l’esthétique ». Il lui adresse son Essai critique sur l’esthétique de Kant « où j’ai greffé sur les vues du Vieux de Königsberg une esthétique qu’il me reste à dégager de son emprise et à fonder en savoir »…
400 
017 François de Vendôme, duc de BEAUFORT (1616-1669) amiral, un des chefs de la Fronde, surnommé « le Roi des Halles », mort au siège de Candie Image
017 François de Vendôme, duc de BEAUFORT (1616-1669) amiral, un des chefs de la Fronde, surnommé « le Roi des Halles », mort au siège de Candie
P.S., Paris 19 janvier 1669 ; vélin oblong in-fol. Commission de lieutenant pour le S. Bellisle Dérard sur le vaisseau Le Lys « que Sa Majesté faict armer pour empescher la continuation des pirateries de ceux de Thunis et d’Alger et autres qui voudront interrompre le commerce des sujets de sa Majesté »…
400 
018 Simone de BEAUVOIR (1908-1986) écrivain Image
018 Simone de BEAUVOIR (1908-1986) écrivain
L.A.S., Samedi 26 [1949], à Jean Pouillon ; 1 page in-4 sur papier quadrillé (légères fentes sur les bords). Envoi d’extraits du Deuxième Sexe à la revue Les Temps Modernes. « J’envoie aujourd’hui environ 160 p. dactylographiées, ce qui ferait 3 numéros : mai-juin-juillet. On pourrait appeler le tout : La Sensualité féminine. 1) Érotisme. 2) Maternité ». Le second peut être envoyé de suite mais elle souhaite soumettre le premier texte à Julliard, craignant que ce ne « soit un peu vif pour la revue ». Mais « naturellement, si il faut couper dans mon texte, j’aime mieux ne pas le publier ». Il est important de publier L’Érotisme féminin avant Maternité. Elle ajoute en marge : « Si vous n’utilisez pas l’érotisme gardez le texte soigneusement au bureau T.M. »…
700 
019 Henry BECQUE (1837-1899) auteur dramatique Image
019 Henry BECQUE (1837-1899) auteur dramatique
poème autographe signé, « Prends ce bouquet de roses »… ; 3 pages in-8. Charmant poème de six quatrains, avec épigraphe de Shakespeare : « Des fleurs à cette fleur ! »« Prends ce bouquet de rosesPresse le sur ton seinAvec de bonnes chosesPour l’ami doux et sain »…
500 
020 Maurice BELLONTE (1896-1984) aviateur, il réussit avec Dieudonné Costes la première traversée Paris-New York sans escale Image
020 Maurice BELLONTE (1896-1984) aviateur, il réussit avec Dieudonné Costes la première traversée Paris-New York sans escale
P.S., Paris 27 octobre 1930 ; demi-page in-4, en-tête Dieudonné Costes. « Reçu de monsieur Costes la somme de quinze mille quatre cent vingt quatre dollars, en chèque sur papier blanc tiré sur “The National Bank of New York (de France)” »... On joint un compte de la main de Costes, et la copie carbone d’une lettre à lui adressée par Costes, Paris 20 février 1931.
75 
021 Charles de BÉRIOT (1802-1870) violoniste et compositeur, mari de la Malibran Image
021 Charles de BÉRIOT (1802-1870) violoniste et compositeur, mari de la Malibran
L.A.S., Ixelles 15 avril 1840, à Eugène Troupenas, éditeur de musique ; 2 pages et demie in-4, adresse. Intéressante lettre à son ami et collaborateur à propos de leur brouille. On lui a remis sa lettre, que ses parents avaient lue à son insu « et je n’ai pu éviter la fâcheuse impression que j’aurais voulu conserver pour moi seul. Comment, en effet, est-il possible de concevoir qu’une pareille niaiserie puisse tout d’un coup rompre les liens d’une amitié comme celle qui semblait régner entre nous ? On sait combien cette amitié est vraie de mon côté »... Il ne tient pas à s’expliquer sur les motifs de sa décision de « faire à ton commerce de musique une infidélité sans importance qui eut été probablement la première et la dernière [...]. Mais la déclaration que tu me fais de n’avoir jamais eu d’amitié pour moi me dispense de toute justification »... Au lieu de la lettre indigne qu’il lui a écrite, il imagine ce qu’aurait dû dire Troupenas s’il s’était comporté en véritable ami. Il lui rappelle que depuis plusieurs années tous les éditeurs lui offrent un prix plus élevé que lui pour des arrangements d’opéras, qu’il refuse par fidélité à son égard ; Troupenas devrait comprendre qu’il veuille travailler sur les œuvres de Meyerbeer qui l’inspirent, ainsi qu’avec d’autres éditeurs, car il n’est pas assez riche pour refuser le travail qui s’offre à lui, et un bon ami ne devrait pas imposer pareil sacrifice. Il le remercie de l’avoir éclairé « quoique d’une façon cruelle » sur ses véritables sentiments, et ajoute qu’il a promis à Masset « le concerto que je t’avais dédié dans le temps où j’ignorais que ton amitié ne résisterait pas à l’épreuve de la plus légère affaite d’intérêt »...
500 
022 Hector BERLIOZ (1803-1869) compositeur Image
022 Hector BERLIOZ (1803-1869) compositeur
L.A.S., Paris mercredi [18 juin 1862], à Pauline Viardot ; 2 pages et demie in-8 (petit deuil, cachet sec Collection Viardot). Lettre pathétique sur la mort de sa seconde épouse, la cantatrice Marie Recio [le 13 juin 1862, à Saint-Germain en Laye]. Il la remercie de sa lettre : « je suis bien brisé, je vous raconterai des détails qui vous feront comprendre à quel point je dois l’être. Mon fils va arriver tout à l’heure de Marseille. Mes amis ont été bien bons ; ma belle-mère qui a été folle pendant vingt heures va mieux et se montre même plus courageuse que je n’aurais pu le croire. Je ne pourrai aller à Bade qu’à la fin de Juillet. Si je ne suis pas allé vous voir avant votre départ de Paris c’est que j’avais paru être importun lorsque je vous ai saluée en passant le soir d’un concert du ministre d’État, et que j’ai craint de l’être encore en allant vous voir. C’est peut-être une illusion, une erreur de ma triste imagination, en ce cas, je vous prie de me la pardonner. Je ne sais pas trop ce que j’écris »... Il ajoute : « Foudroyée en une minute à St Germain, en faisant sa toilette à 11 heures. Mme Delaroche ne la voyant pas descendre entre dans sa chambre et à trouve étendue à terre encore chaude... On m’envoie une dépêche... J’accours... et... pardon je vous dirai. »
3 800 
023 Marie-Caroline, duchesse de BERRY (1798-1870) fille du Roi des Deux-Siciles, épouse du duc de Berry, mère du comte de Chambord, elle tenta en 1832 de soulever la Vendée Image
023 Marie-Caroline, duchesse de BERRY (1798-1870) fille du Roi des Deux-Siciles, épouse du duc de Berry, mère du comte de Chambord, elle tenta en 1832 de soulever la Vendée
L.A.S., Naples 12 juillet 1850, à Mme Walsh ; 3 pages in-8 à son chiffre couronné. Mariages princiers. [Elle évoque le mariage, le 10 avril 1850 à Florence, de son (demi-)frère François de Paule de Bourbon-Siciles (1827-1892), comte de Trapani, avec sa nièce Marie-Isabelle de Habsbourg-Toscane (1834-1901, fille du grand-duc Léopold II de Toscane) ; puis celui, à Caserte le 10 juillet 1850, de sa (demi-)sœur Marie-Caroline de Bourbon-Siciles (1820-1861) avec Charles de Bourbon, comte de Montemolin (1818-1861), prétendant carliste (Charles VI) au trône d’Espagne, fils de l’Infant Don Carlos (Charles V) écarté du trône par Isabel II.] « Je ne vous ai pas écrit depuis des siècles ni à Mr Walsh parce que j’ai été par voie et par chemins. J’ai assisté à Florence au mariage de mon frère et ma nièce qui sont bien heureux. J’ai voulu annoncer moi-même à Mr Walsh, si dévoué à notre cause, et à celle Espagnole, le mariage du Cte Montemolin avec ma sœur Caroline, [...] je suis bien heureuse de ce mariage, […] le Roi a été parfait et pour sa sœur et pour le Cte Montemolin qu’il regarde comme un frère. Hier ils se sont mariés à la chapelle de Caserte, présent toute la Cour. Après nous avons eu diner en famille, ensuitte nous avons été à une chapelle d’une vierge miraculeuse, et les époux sont allés le soir à Capodimonte où ils passeront leur mois de miel. J’ai été les voir ce matin, ils sont on ne peut plus heureux. Vous pensez bien la joie des pauvres Don Carlos et sa femme de voir leur fils chéri bien marié leur lettres sont touchantes »... Elle invite son amie à venir la voir l’hiver à Venise, où elle part et donne son adresse : « Palazzo Vendramin Calergi à St Marcola »…
600 
024 Alexandre BERTHIER (1753-1815) maréchal et ministre de la Guerre Image
024 Alexandre BERTHIER (1753-1815) maréchal et ministre de la Guerre
L.A.S., Schoenbrunn 18 octobre 1809, [au général Clarke, duc de Feltre] ; 1 page et demie in-8. Lettre amicale. « L’Empereur a nommé votre gendre Faisansac [Raymond de Montesquiou-Fezensac] chef d’escadron – j’ai été satisfait de la conduite de ce jeune homme. Aussitôt les notifications échangées je le renvoie près de sa femme. J’ai donné aussi un congé au colonel Omeara qui en a besoin pour sa santé. L’Emp. lui a donné une dotation de 4000 et le titre de Bon »... Il compte le voir dans 15 ou 20 jours. « Quand on ne se bat plus j’avoue que je m’ennuye double à l’armée, et surtout loin de l’Emp. »...
450 
025 Antoine BÉTHOUART (1889-1982) général Image
025 Antoine BÉTHOUART (1889-1982) général
2 L.A.S., 1949-1953, à Pierre Lyautey ; 5 pages et demie in-4 à son en-tête, le premier comme Haut Commissaire de la République française en Autriche. Très intéressant ensemble sur la formation de l’Europe. 25 janvier 1949. Il va à Paris « pour juger les généraux Fagalde Dubuisson etc. ce qui n’a rien de joyeux. Ce sera la première fois que je retournerai à un conseil de guerre depuis que j’y étais traduit comme accusé »... Les pourparlers pour le traité vont reprendre : on spécule sur ce que feront les Russes mais il se méfie : « le seul test valable ne peut être que la liberté rendue aux états satellites. D’ici là il n’y a qu’une politique valable empêcher à tout prix la formation de nouveaux satellites (surtout ici qui est la clé de l’Europe) et profiter de cette menace pour faire l’Europe... malgré tous les obstacles dont l’attitude britannique est un des principaux »... La visite de François-Poncet a été extrêmement intéressante... 13 octobre [1953]. Il rentre de La Haye [au Congrès du Mouvement européen] : les débats ont été intéressants, et la tendance générale modérée, « nettement minimaliste. Une autorité supranationale oui mais seulement pour ce que nous ne pouvons plus assurer seuls, c. à d. la communauté charbon oui, la communauté de défense et la préparation en 6 ans d’un marché commun. En ce qui concerne l’intégration des territoires d’Outre Mer, le congrès a été d’une extrême prudence. Aucune résolution n’a été votée [...] Derrière tout ce bruit il y a une vaste campagne d’intérêts économiques qui à travers les autres communautés veulent torpiller celle du charbon et de l’acier mais c’est extrêmement dangereux. Churchill nous menace d’une nouvelle Wehrmacht ce qui est le danger n° 1. Une collusion germano-américaine serait moins dangereuse qu’une collusion germano-russe mais elle nous placerait en satellite et l’empire en ferait vraisemblablement les frais »...
500 
026 Michel Maurice Lévy, dit BÉTOVE (1884-1965) compositeur et humoriste Image
026 Michel Maurice Lévy, dit BÉTOVE (1884-1965) compositeur et humoriste
L.A.S., 22 février 1935, à « Vieux » ; 2 pages in-4. « J’ai téléphoné à Alphonse S. – Sur 8 pièces dont il a parlé favorablement au Comité (dont la tienne) une seulement a été retenue et nullement pour des raisons artistiques mais d’autres qui n’ont rien à voir avec le talent et le rehaussement du niveau intellectuel français. […] Présente ta pièce à Paul Abram directeur de l’Odéon et recommande-toi de moi – c’est un ami. La Comédie Française actuellement est un des représentatifs de l’esclavage politique ! – C’est tout ! »...
150 
12