Catalogue Noël 2016

  • « Retour au catalogue
  • 011. Sophie ARNOULD (1744-1803) cantatrice, interprète de Gluck dont elle créa l’Eurydice et Iphigénie en Aulide.

  • 011. Sophie ARNOULD (1744-1803) cantatrice, interprète de Gluck dont elle créa l’Eurydice et Iphigénie en Aulide. Image
  • L.A.S., Paris 18 nivose VIII (8 janvier 1800), [à François de Neufchâteau] ; 3 pages in-8, adresse au nom du « Citoyen Brancas Lauraguais » (petite fente réparée). Lettre charmante et spirituelle, adressée par  erreur à son autre ancien amant. Elle voulait aller lui donner le bonjour, « avec un baiser sage et doux, comme les sentiments que vous m’avez inspirés depuis tant d’années, mais la mauvaise saison ou nous sommes, lhiver ses crottes, ou sa froidure ; & la gèsne ou m’a réduite le bouleversement de ma fortune qui me force à faire trève aux comodités de la vie, &c &c &c me fait prendre le party de suppléer a ma visite ». Elle lui dit le plaisir qu’elle a eu à l’entendre réciter des vers à la séance de l’Institut National, et l’invite à venir voir « votre Sophie, votre vieille amie, venez ! Votre présence chez moy me rappellera les souvenances du bon temps passés. Eh tenez mon amy, l’on n’est quelques fois bien heureux par les souvenirs. Quand a moy, jay usée ma vie de manièrre a ce que les miens soyent doux, oh ! ils le sont : je n’aie perdue que ma fortune, et bien, j’y supplée, par des privations, & le courage : je n’ai plus de beaux jours a espérer ; mais ! jay de bons amis, eh ! j’aurais de bons jours… je leurs dirai

    au crépuscule de mes jours

    Rejoignés s’il se peut l’aurore

    Enfin ! bientost, je pourrais encorre marquer mon age, avec un Un, et un cinq. C’est 15 renversé : si cela pouvoit sarranger […] Ah ! mon cher François, vous pouriez peut estre avoir encorre envie de faire quelques couplets sur les genoux de Sophie : Hé bien ; Mon pauvre amy ; voyez comme cela nous a bien avancez vous n’estiéz pas plus un sot, que moy une bégueule ». Elle lui donne rendez-vous à quatre-vingts ans, et termine : «gayté, bonheur, santé, c’est ce que vous souhaitte votre bien aimante Sophie Arnould ». L’adresse est rédigée par erreur au nom de son ancien amant le « Citoyen Brancas Lauraguais », à Manicamp par Chauny (Aisne) ! Ancienne collection Alfred Morrison. Edmond et Jules de Goncourt, Sophie Arnould d’après sa correspondance et ses Mémoires inédits (coll. Bouquins, p. 682).

  • 2500

  • 2500