Catalogue Noël 2016

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201 produits«1 sur 21»
001. Émile Chartier dit ALAIN (1868-1951) philosophe
500
001. Émile Chartier dit ALAIN (1868-1951) philosophe Image

Manuscrit autographe signé, Propos d’un Normand,
[1908] ; 2 pages in-8. Sur la vitesse (texte publié dans La Dépêche de Rouen du 24 juin 1908). « J’ai rencontré un ingénieur, qui m’a dit de bonnes choses au sujet de la vitesse », tendant à prouver que le prix de
la vitesse croît au moins comme le cube de la vitesse, Alain comprend très bien que « les affaires aillent de plus en plus mal, à mesure qu’on les pousse plus énergiquement ». La mode est à la vitesse, mais il exhorte à la modération, au nom de l’économie des moyens, et montre en exemple les maçons, qui travaillent « à la même vitesse à peu près qu’au temps des Pharaons ». Mais non loin, « dans le grand magazin de nouveautés,
les ascenseurs filent comme des flèches ; à travers nos campagnes, les trains rapides filent comme des flèches. Quelles dépenses pour transporter d’un lieu à un autre, et très vite, des gens qui s’ennuient partout ! »

002. Albert Descombes, dit ALBERT (1789-1865) danseur et chorégraphe
100
002. Albert Descombes, dit ALBERT (1789-1865) danseur et chorégraphe Image

L.A.S., 5 novembre 1833, à une dame ; 2 pages in-8 ; portrait joint. Il a reçu la visite d’une personne recommandée par sa correspondante qui
l’engageait « à jouer dans le ballet de Nina, qu’on doit représenter à Versailles, dans une soirée à son bénéfice ».  Mais ne faisant plus partie de l’Académie Royale de Musique et absent de l’Opéra depuis deux ans, il est obligé  de refuser… Rare.

003. Alphonse ALLAIS (1855-1905) écrivain humoriste
950
003. Alphonse ALLAIS (1855-1905) écrivain humoriste Image

Manuscrit autographe signé, La Vie Drôle. Les œufs  frais du Captain Cap, [1893] ; 8 pages in-8 (découpées pour l’impression et recollées). Amusant conte mettant  en scène le fameux Captain Cap, publié dans Le Journal du 20 novembre 1893, et recueilli dans Rose et Vert-Pomme (1894). Allais relate de nouveaux propos de son « brave ami et intrépide navigateur, le Captain Cap », lors d’une rencontre « dans un bar anglais, voisin de l’Opéra ». Cap rapporte qu’il s’est purgé d’une «étrange  façon » ; dans sa chambre obscure, il a, au lieu d’une bouteille d’Hunyadi-Janos, « eau magnésienne », « avalé un plein flacon de Old Tom Gin ». « Dans ces sortes d’opérations, l’imagination est tout. […] Convaincu que j’avais avalé de l’Hunyadi-Janos, j’ai passé par tous les stratagèmes en usage dans ce sport… […] Le plus curieux, c’est  que ce pseudo-purgatif m’a terriblement délabré l’estomac »… Pour se remettre, il va prendre un port wine egg  flip, « une boisson réconfortante dans laquelle il entre du vin de Porto et du jaune d’oeuf ». Pendant que le garçon le prépare, Cap explique la bêtise des marchands d’oeufs : « Vous n’ignorez pas que les oeufs frais se vendent  plus cher que les oeufs d’antan ? […] un oeuf pondu ce matin se cotera plus cher qu’un autre élaboré au moment de la guerre de Crimée. […] Alors, pourquoi ces idiots-là attendent-ils, pour les vendre, que leurs oeufs soient défraîchis ? […] Alors, j’ai fondé la Société générale des oeufs frais de la Seine. Nous allons acheter d’immenses terrains, où nous élèverons des milliards de volailles… Un oeuf ne sera pas plutôt sorti du cul de la poule […] que nous le jetterons dans le commerce. […] Comme c’est un oeuf très frais, nous le vendons très cher, et nous  réalisons du même coup une sérieuse économie sur l’emmagasinage. Hein, qu’est-ce que vous dites de ça ? — Je  dis, mon cher Cap, que si, au lieu de M. Carnot, nous vous avions sur le trône de France, les affaires marcheraient autrement qu’elles ne marchent ! »… Et cela s’achève par « un bon verre d’irish whisky ».

005. Louis-Antoine de Bourbon, duc d'ANGOULEME (1775-1844) fils de Charles X, il combattit dans l’Émigration et aux Cent Jours ; il épousa Madame Royale
180
005. Louis-Antoine de Bourbon, duc d

P.A.S., 8 avril 1816 ; 2 pages in-8. « Pour le Ministre de la Guerre » [le duc de FELTRE]. Recommandation de 13 personnes : « 1° Le Sr Landais, pour être placé ainsi  qu’il le demande. 2° Le Sr Auberge, pour être Chirurgien Major des Prisons militaires de la place de Perpignan. 3° Le Sr de Fontibus pour être placé officier dans une légion. 4° Le chevr de Ginestet, pour être placé lieutenant dans les Hussards de la Moselle », etc.

006. Gabriele d’ANNUNZIO (1863-1938) écrivain italien
600
006. Gabriele d’ANNUNZIO (1863-1938) écrivain italien Image

Photographie avec dédicace autographe ; 17,4 x 11,5 cm. Photographie de D’Annunzio en tenue d’aviateur, dédicacée à la cantatrice et actrice Georgette LEBLANC (1869-1941), compagne de Maeterlinck : « À Georgette Leblanc / l’Ascète de la Torpille. »

008. André ANTOINE (1858-1943) acteur et metteur en scène, fondateur du Théâtre Libre
100
008. André ANTOINE (1858-1943) acteur et metteur en scène, fondateur du Théâtre Libre Image

L.A.S., Paris 17 septembre 1896, [à Auguste Germain] ; 1 page in-4 à en-tête du Théâtre National de l’Odéon. « Voulez-vous avoir l’obligeance de venir causer avec nous de L’Étranger et de sa distribution. Sur les cinq heures, vous êtes toujours certain de nous trouver tous les deux »…

009. Guillaume APOLLINAIRE (1880-1918) poète
2500
009. Guillaume APOLLINAIRE (1880-1918) poète Image

L.A.S., Paris 26 juillet 1918, à un ami [Jean SCHLUMBERGER] ; 1 page in-4 à en-tête de sa revue Les Soirées de Paris. Trois mois avant sa mort (9 novembre 1918). « Je pars demain en permission de détente auprès de ma femme et Serge [Férat] profite de mon départ pour m’accompagner, car sa femme est aussi là-bas. Il s’excuse, je m’excuse, vous nous excuserez. Je serai rentré le 25 août. Faites-moi signe. Hommages aux pieds de “votre dame” comme on disait au moyen-âge et comme  disent si bien encore les petites gens »… Le peintre Serge Férat (1881-1958) ajoute au bas de la lettre : « Lu et approuvé cordialement », et signe de son vrai nom : « Serge Jastrebzoff ».

010. Marcel ARLAND (1899-1986) écrivain
700
010. Marcel ARLAND (1899-1986) écrivain Image

Manuscrit autographe signé, Matisse, [1956] ; 6 pages in-4. Belle chronique sur Henri MATISSE, publiée dans la Nouvelle Revue Française en novembre 1956, à l’occasion  de l’exposition rétrospective d’oeuvres de Matisse présentée par le Musée national d’Art moderne, à Paris. Devant  cette centaine de tableaux qui permettent de suivre l’évolution du peintre et de découvrir « les caractères essentiels de son génie », Arland ressent surtout une attente, « car l’aboutissement et la clé de son oeuvre se trouvent ailleurs ». Il passe en revue les axes principaux de l’exposition : les premières oeuvres ; la période des nues, dormeuses et odalisques ; le tournant marqué par Le Rêve, etc. Il estime que les dessins de Matisse appellent une exposition plus vaste, car « le dessinateur, qui n’a recours qu’aux signes, l’emporte sur le peintre »… Il relève  cependant deux « oasis, deux oeuvres exquises, dépouillées, mais frémissantes, la grâce même et la plus rare, le raffinement le plus subtil », La Robe violette et La Jeune Fille devant la fenêtre, toutes deux de 1942. « Reste que le haut rêve de Matisse, son haut lieu, et le mieux accordé à son génie, c’est Vence. Je doute que cette chapelle
réponde à sa destination. Elle est plus proche de Plotin que du Christ. Si l’on admet que là où se trouvent la beauté et le recueillement, Dieu est aussi, ou du moins se laisse pressentir : on ne lui refusera pas une sorte de caractère religieux, mais dans cette seule mesure. C’est la chapelle de Matisse. Tout y est signes, délicate et savante austérité. Elle ne manque certes pas de rayonnement ; et même elle a son chant propre, très pur, un peu froid, mais noble – qui, plus que du coeur, vient de l’esprit ».

011. Sophie ARNOULD (1744-1803) cantatrice, interprète de Gluck dont elle créa l’Eurydice et Iphigénie en Aulide.
2500
011. Sophie ARNOULD (1744-1803) cantatrice, interprète de Gluck dont elle créa l’Eurydice et Iphigénie en Aulide. Image

L.A.S., Paris 18 nivose VIII (8 janvier 1800), [à François de Neufchâteau] ; 3 pages in-8, adresse au nom du « Citoyen Brancas Lauraguais » (petite fente réparée). Lettre charmante et spirituelle, adressée par  erreur à son autre ancien amant. Elle voulait aller lui donner le bonjour, « avec un baiser sage et doux, comme les sentiments que vous m’avez inspirés depuis tant d’années, mais la mauvaise saison ou nous sommes, lhiver ses crottes, ou sa froidure ; & la gèsne ou m’a réduite le bouleversement de ma fortune qui me force à faire trève aux comodités de la vie, &c &c &c me fait prendre le party de suppléer a ma visite ». Elle lui dit le plaisir qu’elle a eu à l’entendre réciter des vers à la séance de l’Institut National, et l’invite à venir voir « votre Sophie, votre vieille amie, venez ! Votre présence chez moy me rappellera les souvenances du bon temps passés. Eh tenez mon amy, l’on n’est quelques fois bien heureux par les souvenirs. Quand a moy, jay usée ma vie de manièrre a ce que les miens soyent doux, oh ! ils le sont : je n’aie perdue que ma fortune, et bien, j’y supplée, par des privations, & le courage : je n’ai plus de beaux jours a espérer ; mais ! jay de bons amis, eh ! j’aurais de bons jours… je leurs dirai

au crépuscule de mes jours

Rejoignés s’il se peut l’aurore

Enfin ! bientost, je pourrais encorre marquer mon age, avec un Un, et un cinq. C’est 15 renversé : si cela pouvoit sarranger […] Ah ! mon cher François, vous pouriez peut estre avoir encorre envie de faire quelques couplets sur les genoux de Sophie : Hé bien ; Mon pauvre amy ; voyez comme cela nous a bien avancez vous n’estiéz pas plus un sot, que moy une bégueule ». Elle lui donne rendez-vous à quatre-vingts ans, et termine : «gayté, bonheur, santé, c’est ce que vous souhaitte votre bien aimante Sophie Arnould ». L’adresse est rédigée par erreur au nom de son ancien amant le « Citoyen Brancas Lauraguais », à Manicamp par Chauny (Aisne) ! Ancienne collection Alfred Morrison. Edmond et Jules de Goncourt, Sophie Arnould d’après sa correspondance et ses Mémoires inédits (coll. Bouquins, p. 682).

012. Jacques AUDIBERTI (1899-1965) écrivain
450
012. Jacques AUDIBERTI (1899-1965) écrivain Image

L.A.S. avec dessin, à André Rolland de Renéville ; 2 pages in-4. Il le remercie de sa bonne lettre et de sa précieuse amitié : « Les éloges que vous me décernez, qui sait si je les mérite ?.. Ma seule valeur, c’est ma disponibilité, ma non-résistance intellectuelle, un vaste amour (théorique, hélas ! car je ne me bats guère, et comment aimer vraiment si l’on n’est prêt à le faire sur tous les plans, et à défendre ce qu’on aime ?). Cette soirée était singulière, pleine de fantômes, qui étaient nous. Et nous nous adressions à une salle pareille à un ciel bas et fermé, où voyageaient des planètes ovales, ovales et, quelquesunes, hilares, et c’était, malgré tout, une minute émouvante, cette confrontation de la poésie et de sa matière, son humaine matière. […] Ce que je sais de la rigueur de votre jugement donne encore plus de valeur à votre sympathie pour mes poèmes »… Il remercie aussi la femme de son ami, « qui dirigea, de toutes ses forces, pendant que je me produisais, des effluves secourables et roboratifs vers ma personne un peu dérotulée »… Le verso de la lettre est occupé par un grand dessin original à la plume, signé : le Christ (« L’Oint »), entre Saint Jean et Saint Pierre.

201 produits«1 sur 21»
201 produits«1 sur 21»
001. Émile Chartier dit ALAIN (1868-1951) philosophe Image
001. Émile Chartier dit ALAIN (1868-1951) philosophe

Manuscrit autographe signé, Propos d’un Normand,
[1908] ; 2 pages in-8. Sur la vitesse (texte publié dans La Dépêche de Rouen du 24 juin 1908). « J’ai rencontré un ingénieur, qui m’a dit de bonnes choses au sujet de la vitesse », tendant à prouver que le prix de
la vitesse croît au moins comme le cube de la vitesse, Alain comprend très bien que « les affaires aillent de plus en plus mal, à mesure qu’on les pousse plus énergiquement ». La mode est à la vitesse, mais il exhorte à la modération, au nom de l’économie des moyens, et montre en exemple les maçons, qui travaillent « à la même vitesse à peu près qu’au temps des Pharaons ». Mais non loin, « dans le grand magazin de nouveautés,
les ascenseurs filent comme des flèches ; à travers nos campagnes, les trains rapides filent comme des flèches. Quelles dépenses pour transporter d’un lieu à un autre, et très vite, des gens qui s’ennuient partout ! »

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002. Albert Descombes, dit ALBERT (1789-1865) danseur et chorégraphe Image
002. Albert Descombes, dit ALBERT (1789-1865) danseur et chorégraphe

L.A.S., 5 novembre 1833, à une dame ; 2 pages in-8 ; portrait joint. Il a reçu la visite d’une personne recommandée par sa correspondante qui
l’engageait « à jouer dans le ballet de Nina, qu’on doit représenter à Versailles, dans une soirée à son bénéfice ».  Mais ne faisant plus partie de l’Académie Royale de Musique et absent de l’Opéra depuis deux ans, il est obligé  de refuser… Rare.

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003. Alphonse ALLAIS (1855-1905) écrivain humoriste Image
003. Alphonse ALLAIS (1855-1905) écrivain humoriste

Manuscrit autographe signé, La Vie Drôle. Les œufs  frais du Captain Cap, [1893] ; 8 pages in-8 (découpées pour l’impression et recollées). Amusant conte mettant  en scène le fameux Captain Cap, publié dans Le Journal du 20 novembre 1893, et recueilli dans Rose et Vert-Pomme (1894). Allais relate de nouveaux propos de son « brave ami et intrépide navigateur, le Captain Cap », lors d’une rencontre « dans un bar anglais, voisin de l’Opéra ». Cap rapporte qu’il s’est purgé d’une «étrange  façon » ; dans sa chambre obscure, il a, au lieu d’une bouteille d’Hunyadi-Janos, « eau magnésienne », « avalé un plein flacon de Old Tom Gin ». « Dans ces sortes d’opérations, l’imagination est tout. […] Convaincu que j’avais avalé de l’Hunyadi-Janos, j’ai passé par tous les stratagèmes en usage dans ce sport… […] Le plus curieux, c’est  que ce pseudo-purgatif m’a terriblement délabré l’estomac »… Pour se remettre, il va prendre un port wine egg  flip, « une boisson réconfortante dans laquelle il entre du vin de Porto et du jaune d’oeuf ». Pendant que le garçon le prépare, Cap explique la bêtise des marchands d’oeufs : « Vous n’ignorez pas que les oeufs frais se vendent  plus cher que les oeufs d’antan ? […] un oeuf pondu ce matin se cotera plus cher qu’un autre élaboré au moment de la guerre de Crimée. […] Alors, pourquoi ces idiots-là attendent-ils, pour les vendre, que leurs oeufs soient défraîchis ? […] Alors, j’ai fondé la Société générale des oeufs frais de la Seine. Nous allons acheter d’immenses terrains, où nous élèverons des milliards de volailles… Un oeuf ne sera pas plutôt sorti du cul de la poule […] que nous le jetterons dans le commerce. […] Comme c’est un oeuf très frais, nous le vendons très cher, et nous  réalisons du même coup une sérieuse économie sur l’emmagasinage. Hein, qu’est-ce que vous dites de ça ? — Je  dis, mon cher Cap, que si, au lieu de M. Carnot, nous vous avions sur le trône de France, les affaires marcheraient autrement qu’elles ne marchent ! »… Et cela s’achève par « un bon verre d’irish whisky ».

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005. Louis-Antoine de Bourbon, duc d
005. Louis-Antoine de Bourbon, duc d'ANGOULEME (1775-1844) fils de Charles X, il combattit dans l’Émigration et aux Cent Jours ; il épousa Madame Royale

P.A.S., 8 avril 1816 ; 2 pages in-8. « Pour le Ministre de la Guerre » [le duc de FELTRE]. Recommandation de 13 personnes : « 1° Le Sr Landais, pour être placé ainsi  qu’il le demande. 2° Le Sr Auberge, pour être Chirurgien Major des Prisons militaires de la place de Perpignan. 3° Le Sr de Fontibus pour être placé officier dans une légion. 4° Le chevr de Ginestet, pour être placé lieutenant dans les Hussards de la Moselle », etc.

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006. Gabriele d’ANNUNZIO (1863-1938) écrivain italien Image
006. Gabriele d’ANNUNZIO (1863-1938) écrivain italien

Photographie avec dédicace autographe ; 17,4 x 11,5 cm. Photographie de D’Annunzio en tenue d’aviateur, dédicacée à la cantatrice et actrice Georgette LEBLANC (1869-1941), compagne de Maeterlinck : « À Georgette Leblanc / l’Ascète de la Torpille. »

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008. André ANTOINE (1858-1943) acteur et metteur en scène, fondateur du Théâtre Libre Image
008. André ANTOINE (1858-1943) acteur et metteur en scène, fondateur du Théâtre Libre

L.A.S., Paris 17 septembre 1896, [à Auguste Germain] ; 1 page in-4 à en-tête du Théâtre National de l’Odéon. « Voulez-vous avoir l’obligeance de venir causer avec nous de L’Étranger et de sa distribution. Sur les cinq heures, vous êtes toujours certain de nous trouver tous les deux »…

100
009. Guillaume APOLLINAIRE (1880-1918) poète Image
009. Guillaume APOLLINAIRE (1880-1918) poète

L.A.S., Paris 26 juillet 1918, à un ami [Jean SCHLUMBERGER] ; 1 page in-4 à en-tête de sa revue Les Soirées de Paris. Trois mois avant sa mort (9 novembre 1918). « Je pars demain en permission de détente auprès de ma femme et Serge [Férat] profite de mon départ pour m’accompagner, car sa femme est aussi là-bas. Il s’excuse, je m’excuse, vous nous excuserez. Je serai rentré le 25 août. Faites-moi signe. Hommages aux pieds de “votre dame” comme on disait au moyen-âge et comme  disent si bien encore les petites gens »… Le peintre Serge Férat (1881-1958) ajoute au bas de la lettre : « Lu et approuvé cordialement », et signe de son vrai nom : « Serge Jastrebzoff ».

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010. Marcel ARLAND (1899-1986) écrivain Image
010. Marcel ARLAND (1899-1986) écrivain

Manuscrit autographe signé, Matisse, [1956] ; 6 pages in-4. Belle chronique sur Henri MATISSE, publiée dans la Nouvelle Revue Française en novembre 1956, à l’occasion  de l’exposition rétrospective d’oeuvres de Matisse présentée par le Musée national d’Art moderne, à Paris. Devant  cette centaine de tableaux qui permettent de suivre l’évolution du peintre et de découvrir « les caractères essentiels de son génie », Arland ressent surtout une attente, « car l’aboutissement et la clé de son oeuvre se trouvent ailleurs ». Il passe en revue les axes principaux de l’exposition : les premières oeuvres ; la période des nues, dormeuses et odalisques ; le tournant marqué par Le Rêve, etc. Il estime que les dessins de Matisse appellent une exposition plus vaste, car « le dessinateur, qui n’a recours qu’aux signes, l’emporte sur le peintre »… Il relève  cependant deux « oasis, deux oeuvres exquises, dépouillées, mais frémissantes, la grâce même et la plus rare, le raffinement le plus subtil », La Robe violette et La Jeune Fille devant la fenêtre, toutes deux de 1942. « Reste que le haut rêve de Matisse, son haut lieu, et le mieux accordé à son génie, c’est Vence. Je doute que cette chapelle
réponde à sa destination. Elle est plus proche de Plotin que du Christ. Si l’on admet que là où se trouvent la beauté et le recueillement, Dieu est aussi, ou du moins se laisse pressentir : on ne lui refusera pas une sorte de caractère religieux, mais dans cette seule mesure. C’est la chapelle de Matisse. Tout y est signes, délicate et savante austérité. Elle ne manque certes pas de rayonnement ; et même elle a son chant propre, très pur, un peu froid, mais noble – qui, plus que du coeur, vient de l’esprit ».

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011. Sophie ARNOULD (1744-1803) cantatrice, interprète de Gluck dont elle créa l’Eurydice et Iphigénie en Aulide. Image
011. Sophie ARNOULD (1744-1803) cantatrice, interprète de Gluck dont elle créa l’Eurydice et Iphigénie en Aulide.

L.A.S., Paris 18 nivose VIII (8 janvier 1800), [à François de Neufchâteau] ; 3 pages in-8, adresse au nom du « Citoyen Brancas Lauraguais » (petite fente réparée). Lettre charmante et spirituelle, adressée par  erreur à son autre ancien amant. Elle voulait aller lui donner le bonjour, « avec un baiser sage et doux, comme les sentiments que vous m’avez inspirés depuis tant d’années, mais la mauvaise saison ou nous sommes, lhiver ses crottes, ou sa froidure ; & la gèsne ou m’a réduite le bouleversement de ma fortune qui me force à faire trève aux comodités de la vie, &c &c &c me fait prendre le party de suppléer a ma visite ». Elle lui dit le plaisir qu’elle a eu à l’entendre réciter des vers à la séance de l’Institut National, et l’invite à venir voir « votre Sophie, votre vieille amie, venez ! Votre présence chez moy me rappellera les souvenances du bon temps passés. Eh tenez mon amy, l’on n’est quelques fois bien heureux par les souvenirs. Quand a moy, jay usée ma vie de manièrre a ce que les miens soyent doux, oh ! ils le sont : je n’aie perdue que ma fortune, et bien, j’y supplée, par des privations, & le courage : je n’ai plus de beaux jours a espérer ; mais ! jay de bons amis, eh ! j’aurais de bons jours… je leurs dirai

au crépuscule de mes jours

Rejoignés s’il se peut l’aurore

Enfin ! bientost, je pourrais encorre marquer mon age, avec un Un, et un cinq. C’est 15 renversé : si cela pouvoit sarranger […] Ah ! mon cher François, vous pouriez peut estre avoir encorre envie de faire quelques couplets sur les genoux de Sophie : Hé bien ; Mon pauvre amy ; voyez comme cela nous a bien avancez vous n’estiéz pas plus un sot, que moy une bégueule ». Elle lui donne rendez-vous à quatre-vingts ans, et termine : «gayté, bonheur, santé, c’est ce que vous souhaitte votre bien aimante Sophie Arnould ». L’adresse est rédigée par erreur au nom de son ancien amant le « Citoyen Brancas Lauraguais », à Manicamp par Chauny (Aisne) ! Ancienne collection Alfred Morrison. Edmond et Jules de Goncourt, Sophie Arnould d’après sa correspondance et ses Mémoires inédits (coll. Bouquins, p. 682).

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012. Jacques AUDIBERTI (1899-1965) écrivain Image
012. Jacques AUDIBERTI (1899-1965) écrivain

L.A.S. avec dessin, à André Rolland de Renéville ; 2 pages in-4. Il le remercie de sa bonne lettre et de sa précieuse amitié : « Les éloges que vous me décernez, qui sait si je les mérite ?.. Ma seule valeur, c’est ma disponibilité, ma non-résistance intellectuelle, un vaste amour (théorique, hélas ! car je ne me bats guère, et comment aimer vraiment si l’on n’est prêt à le faire sur tous les plans, et à défendre ce qu’on aime ?). Cette soirée était singulière, pleine de fantômes, qui étaient nous. Et nous nous adressions à une salle pareille à un ciel bas et fermé, où voyageaient des planètes ovales, ovales et, quelquesunes, hilares, et c’était, malgré tout, une minute émouvante, cette confrontation de la poésie et de sa matière, son humaine matière. […] Ce que je sais de la rigueur de votre jugement donne encore plus de valeur à votre sympathie pour mes poèmes »… Il remercie aussi la femme de son ami, « qui dirigea, de toutes ses forces, pendant que je me produisais, des effluves secourables et roboratifs vers ma personne un peu dérotulée »… Le verso de la lettre est occupé par un grand dessin original à la plume, signé : le Christ (« L’Oint »), entre Saint Jean et Saint Pierre.

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